Sauver la planète, ça ne coûterait pas si cher

FRANCE

ENVIRONNEMENT - Les experts du Giec, qui ont publié dimanche un nouveau rapport sur le réchauffement climatique, estiment qu'un effort ambitieux de lutte contre les gaz à effet de serre n'aurait pratiquement pas d'impact sur la croissance.

Le groupe d'experts sur le réchauffement climatique (Giec) a publié dimanche son cinquième rapport sur l'état de santé de la planète. Et si la situation semble se dégrader de plus en plus, les scientifiques assurent que lutter contre les dérèglements climatiques n'aurait pratiquement aucun effet sur la croissance économique mondiale.

Pour les spécialistes du climat, il est de plus en plus urgent d'enrayer le dérapage des émissions de gaz à effet de serre . A en croire leur étude, leur concentration aurait en effet atteint son niveau le plus élevé depuis 800.000 ans. Avec des conséquences on ne peut plus concrètes : depuis 1901, le niveau des océans s'est élevé de 19 centimètres. "L'atmosphère et les océans se sont réchauffés, les quantités de neige et de glace ont diminué, le niveau de la mer a augmenté", alerte Thomas Stocker, vice-président du Giec.

Un coût de 0,06 point de croissance

Le problème, explique-t-il, c'est que plus les Etats tardent à prendre leurs responsabilités, plus la lutte devient difficile. Pour contenir la hausse des températures sous la barre des deux degrés, il faudra désormais réduire les émissions de 40 à 70 % avant 2050, et ensuite de 100 % avant la fin du siècle. Ce qui implique de repenser complètement notre consommation d'énergie.

Pour autant, affirment les experts, le coût de cette opération serait beaucoup moins élevé que prévu. Tourner définitivement la page du pétrole implique certes de dépenser des centaines de milliards de dollars à l'échelle de la planète, mais l'impact sur la croissance serait, lui, quasi-nul. Les scientifiques ont calculé qu'un effort "ambitieux" de réduction des émissions ne réduirait la croissance mondiale que de 0,06 point.

Une analyse qui a conduit Ban Ki-Moon, le secrétaire général des Nations-Unies, à s'élever contre le "mythe" selon lequel agir contre le climat serait coûteux. "Je peux vous assurer que ne pas agir contre le climat coûtera plus, beaucoup plus". Encore faut-il que ce message soit entendu. François Hollande doit réunir l'année prochaine, à Paris, des représentants du monde entier en vue de coordonner l'action en faveur du climat. Mais, après l' échec du sommet de Copenhague il y a cinq ans, il aura fort à faire pour obtenir de chacun des engagements concrets.

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