Sciences Po : les étudiants divisés à propos d’un débat avec Bruno Gollnisch

Sciences Po : les étudiants divisés à propos d’un débat avec Bruno Gollnisch

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POLEMIQUE - Après l’irruption de manifestants antifascistes à Sciences Po Paris lors d’un débat avec un candidat FN, des étudiants de Sciences Po Lyon ont dû reporter un débat planifié avec le député européen du Front National, Bruno Gollnisch. Une initiative qui divise à la fois les étudiants, ainsi que la direction de l’établissement qui a refusé de s’exprimer.

Le débat aurait dû avoir lieu ce jeudi. Mais il sera reporté à une date ultérieure, au mois d’avril. La raison ? Après un refus de la part de l’université invoquant des raisons de sécurité, les étudiants avaient tout d’abord trouvé une solution de repli dans une salle extérieure. Mais là encore, ils ont dû reporter l’événement face aux réactions des autres étudiants.

"Après avoir posté l’invitation sur la page Facebook des élèves de Sciences Po, nous avons eu droit à de nombreux commentaires d’étudiants qui allaient jusqu’à nous menacer de faire venir des groupes antifascistes", affirme Maxime Borg, en 3e année à Sciences Po et président du Front Fédéral Européen créé début février. Son association, apolitique, souhaitait ouvrir le débat sur la construction européenne. "Nous ne sommes pas du tout partisans du FN, mais nous voulions faire débattre des étudiants et des professeurs car nous pensons justement que c’est en marginalisant ce parti qu’on le légitimise", affirme Maxime.

Un sujet tabou ?

Pour Sciences Po Lyon, ce débat "était une éventualité qui avait été exprimée mais qui n'a pas débouché sur un réel projet de conférence", a fait savoir le service des communications, qui a refusé d’en dire plus. Pour Gilles Vergnon, professeur et auteur d’un livre sur l’anti-fascisme en France, la présence du FN dans l’espace public pose de véritables questions : "Je pensais qu'il y allait avoir plus de réactions lorsque ces étudiants ont présenté leur projet dans mon cours. Mais ce n’est pas forcément une bonne chose que ce débat ne puisse pas se tenir. Les candidats frontistes font des scores de 20 à 30 % et sont donc invités à la télévision, dans des débats en France ou à l’étranger… Il n’est pas sûr que refuser le débat ou menacer par la violence soit une solution".

La question a suscité de nombreuses réactions sur la Toile. "Personnellement, je ne pense pas qu’un débat permettre d’endiguer la montée du FN, mais cela peut m’intéresser de voir si Bruno Gollnisch est cohérent avec ses idées", estime Corentin, étudiant de 1ère année. "Mais étant donné les débordements à Paris , je pense que l’administration de l’IEP a fait le bon choix". Pour Baptiste, étudiant à l'IEP, "la manière dont le FFE a présenté les choses n'était vraiment pas la bonne. Personne ne savait qui ils étaient, et ils ont fait comme s'ils s'étaient sentis investi d'une mission pour casser du Gollnish lorsqu'ils ont annoncé le débat sur la page Facebook". Pour autant, Baptise rappelle : "Il est pourtant vrai que la présence du FN soulève des questions. Pourquoi est-ce que cela nous dérange ? Car il s'agit quand même d'un parti qui est censé être républicain."

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