Sivens: un appel à manifester qui divise les opposants au barrage

FRANCE
TENSION - Un collectif a lancé un nouvel appel national à manifester samedi pour dénoncer notamment les violences policières. Mais l'initiative n'est pas du goût d'un certain nombre d'opposants "historiques" qui dénoncent la contre-productivité de ces rassemblements.

Une semaine après la manifestation qui a dégénéré dans les rues de Toulouse , certains des opposants au barrage de Sivens ont décidé de remettre le couvert. Un nouveau collectif "éphémère", baptisé TESTET pour "Tous Ensemble pour Sauver le Testet Et Tout le reste" (sans rapport avec le Collectif du Testet) et qui a vu le jour la semaine dernière, a diffusé sur Internet un appel national à manifester ce samedi.

Une manifestation "difficile à contrôler"

Un rassemblement "pour l'abandon définitif du projet" qui se veut aussi être un moyen de solidariser l'ensemble des troupes, qu'elles soient pacifiques… ou non. "Notre mouvement se renforce et ne se laisse plus diviser entre catégories aussi limitantes et grossières que "bons" ou "mauvais" manifestants, "non-violents" ou "djihadistes verts"", indique le tract.

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"Peu importe les moyens utilisés, nous sommes tous solidaires et nous voulons montrer que nous avons une démarche cohérente", confirme Camille, un opposant qui ne se dit affilié à aucun collectif. S'il ne veut pas prédire la tournure des événements, il semble déjà avoir sa petite idée. "On a déjà essayé les actions pacifiques, la police n'en a rien à faire, dit-il. Et puis il y a des groupuscules radicaux qui vont en profiter pour venir encagoulés et s'infiltrer parmi les manifestants. C'est difficile à contrôler." Un discours peu rassurant, tout comme celui de la CNT 31 qui invite les manifestants à "venir armés de tout ce qui leur semble nécessaire pour se protéger de la police".

"C'est contre-productif"

Face à ces opposants qui semblent encore hésiter entre l'emploi de la force pour "assurer leur sécurité" et l'emploi de la force tout court, il y en a encore qui souhaitent descendre dans la rue de façon pacifique, dénonçant une violence stérile. Mais ils semblent de moins en moins nombreux. "Je connais beaucoup de Toulousains qui ont pris part au rassemblement du 1er novembre, mais qui n'y participeront pas cette fois car ils refusent de cautionner de tels débordements", affirme Christian Conrad.

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Ce naturaliste tarnais est membre du Collectif du Testet qui refuse une nouvelle fois de battre le pavé. "Nous avions déjà dénoncé les précédentes manifestations, qui étaient illégales et ont tourné à chaque fois à la violence. C'est contre-productif, ça dessert complètement notre cause", affirme Christian Conrad. Selon lui, les opposants de la première heure "n'ont aujourd'hui plus aucun pouvoir".

Les manifestations seraient orchestrées par des opposants nouveaux, "plus radicaux, qui ne connaissent rien du dossier et se croient propriétaires de la ZAD". Il regrette d'ailleurs de ne trouver parmi eux aucun interlocuteur valable, puisqu'ils vont et viennent à leur guise. Le Collectif du Testet prendra néanmoins part à la réunion inter-collectifs qui aura lieu ce soir en prévision de la manifestation, avec l'espoir très mince de la faire annuler.

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