SNCM : les raisons du conflit en 3 points

FRANCE
TRANSPORT – Au terme de 17 jours de grève, les salariés de la SNCM ont décidé le 10 juillet 2014 de reprendre le travail. Un moratoire de 6 mois a été acté avec la direction et l’actionnaire de la compagnie maritime. Mais la fin du conflit social ne rime pas avec la fin des problèmes pour la SNCM. Pourquoi l’entreprise va mal ? Metronews fait le point.

Une concurrence féroce de la Corsica Ferries

Les déboires de la SNCM sont avant tout commerciaux. De 55 % de parts de marché entre la Corse et le continent en 1993, la SNCM n’en a plus aujourd’hui que 25 % (source : Observatoire Régional des Transports de la Corse ). La faute à qui ? À la compagnie maritime Corsica Ferries qui détient aujourd’hui 65 % des parts du marché.

Bâtie sur un modèle low-cost avec des prix très attractifs, elle bénéficie surtout du pavillon italien. Un matricule, synonyme de nationalité du navire, lui permettant de mener une politique sociale et salariale avantageuse comparée à celle des marins de la SNCM. Ces derniers dénoncent une concurrence déloyale.

En termes de coûts de fonctionnement, Corsica ferries creuse là aussi l’écart avec la SNCM. Avec 12 navires, la compagnie italienne emploie 1 000 salariés. De son côté la SNCM, avec 8 navires, emploie plus de 2600 salariés.

Un déficit chronique

Perte de clients rime avec perte d’argent. Pour le moment, le bilan financier 2013 de la SNCM est inconnu, mais les chiffres sont inquiétants selon Le Parisien . L’an passé, le déficit aurait avoisiné les 50 millions d’euros.

Depuis la montée en puissance de la Corsica Ferries, le déficit n’aurait jamais cessé de se creuser atteignant les 190 millions d’euros depuis 2001. Seule l’année 2008 aurait été bénéficiaire indique le quotidien.

Des comptes dans le rouge sans parler de la menace des amendes de Bruxelles. En 2013, la Commission européenne a infligé une amende de 440 millions d’euros à la compagnie pour avoir bénéficié d'aides d'État, jugées illégales, entre 2002 et 2006.

Un changement de cap permanent

Pas moins de dix dirigeants se sont succédé à la tête de la SNCM ces dernières années. Dernière arrivée en date, celle d’Olivier Diehl en remplacement de Marc Dufour . Ce dernier paye sa stratégie pour l’entreprise prévoyant un Plan long terme avec la suppression de 500 postes et l’achat de quatre navires plus compétitif.

Veolia a refusé et cherche désormais à se désengager de la compagnie maritime. Elle a même proposé à l’État de céder ses parts (117 millions d’euros) pour 1 euro symbolique . En contrepartie, elle demande le redressement judiciaire de la SNCM.

Une stratégie dénoncée par la majorité des salariés, conscients de la situation économique de l’entreprise, mais décidé à trouver un plan viable pour l’entreprise. Un moratoire jusqu’en décembre a été concédé par Veolia, mais l’horizon de la SNCM ne s’éclaircit pas pour autant.
 

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