Succession de crues à Toulouse: faut-il s'en inquiéter ?

Succession de crues à Toulouse: faut-il s'en inquiéter ?

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INONDATIONS - Par trois fois en moins d'un an, la Garonne toulousaine est sortie de son lit. Un phénomène anormal ? Metronews a posé la question à des spécialistes.

"On a l'impression que les crues sont plus nombreuses ces dernières années." Les employés municipaux chargés de nettoyer les berges de la Garonne après chaque crue semblent savoir de quoi ils parlent. Il est vrai que trois fois en un an (février et juin 2013, janvier 2014), cela peut paraître beaucoup. "C'est un hasard, tranche tout de suite Bruno Janet, responsable de l'organisation SCHAPI/Vigicrues à Toulouse. Elles ne sont d'ailleurs pas comparables, les causes étant différentes à chaque fois. Celle du week-end dernier est due à des pluies importantes et continues: il a plu 36 heures d'affilée. Par ailleurs, les sols étaient déjà gorgés d'eau."

Mais difficile de savoir si ce type de phénomène est véritablement devenu plus fréquent. "Le système de surveillance Vigicrues mis en place il y a sept ans ne nous donne pas assez de recul pour dire qu'il y a eu une augmentation des crues ces dernières années", souligne Bruno Janet. Et si tel était le cas, cela ne préjugerait en rien de la suite car "nous ne verrons peut-être plus de crues pendant cinq ou dix ans", affirme le spécialiste.

Un hiver très automnal

Franck Roux, professeur à l'université Paul-Sabatier et directeur du laboratoire d'aérologie, en arrive aux mêmes conclusions. "Il faut se méfier des formules du genre 'on n'a jamais vu ça' : tout est relatif, affirme-t-il. Il est vrai que l'année a été particulièrement arrosée en Midi-Pyrénées, comme dans le reste de la France, avec les conséquences que l'on sait (crues, inondations). Localement, il peut ainsi y avoir eu des niveaux de précipitations que l'on atteint que tous les 10 ans. C'est ce qu'on appelle des 'maximums décennaux', il n'y a rien d'anormal."

Selon lui, c'est surtout cet hiver 2014 dans son ensemble qui sort de l'ordinaire. "Entre les années 1990 et 2000, nous avions des hivers secs et plutôt rigoureux. Ces dernières années, la tendance s'est inversée: les hivers sont plus doux et donc forcément plus humides. Mais là, nous avons véritablement un temps d'automne. Aucun gros anticyclone n'est venu s'installer, empêchant toute réelle offensive hivernale. En cela, cet hiver peut être qualifié d'exceptionnel."
 

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