Sur l'Erdre, les berges valent bien une bataille

Sur l'Erdre, les berges valent bien une bataille

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ENVIRONNEMENT - A partir de dimanche, le Collectif l’Erdre pour tous appelle à se mobiliser chaque semaine sur les rives de l’Erdre, pour défendre leur accès aux promeneurs, comme l’exige la loi de 2006 sur la servitude de marchepied. Mais les propriétaires s’y opposent.

C’est un bras de fer qui dure depuis sept ans. Mais, dimanche, le Collectif l’Erdre pour tous entend faire monter la pression d’un cran. En cause : le libre accès aux bords de cette rivière que certains propriétaires refusent aux promeneurs alors qu'une loi de  2006 les y oblige pourtant . Considérant que les accès sont privés, ils bloquent tout passage à l’aide d’obstacles, branchages, ou clôtures.

Yves Piffard, porte-parole de l’Erdre pour tous, qui rassemble une trentaine d’associations, ne décolère pas : "En aval du pont de Sucé, plus de la moitié des berges sont inaccessibles, laissées à la jouissance exclusive de riverains qui représentent moins de 1% de leur population."

Pas de changement malgré la condamnation du tribunal

Le collectif a ainsi multiplié les actions : démarche en justice, distribution de tracts, et rassemblements dominicaux. Sur le terrain, à chaque fois, le scénario est le même : la centaine de promeneurs longe les bords de rivière, et sont arrêtés par les barrages des propriétaires, qui leur font face. Souvent, le ton monte entre les deux parties, chacun campant sur ses positions. Les propriétaires agitent en effet le respect de l’environnement, arguant que les bords de l’Erdre sont un environnement sensible, qui serait détruit par le passage de milliers de marcheurs.

En janvier dernier, le tribunal administratif a condamné trois propriétaires à 1000 € d'amende avec obligation d’enlever les obstacles, sous peine d’une astreinte de 100 euros par jour. Mais rien n’a bougé. Les riverains ont en effet déposé une requête de sursis à exécution. "C’est un véritable scandale, un déni de justice", s’emporte Yves Piffard. "Un jugement du tribunal n’est pas suspensif. Ce sont les voleurs qui font la loi." Il dénonce notamment "la passivité du pouvoir et du préfet qui doit faire appliquer la loi" face à "ces gens influents, qui jouent de leur carnet d'adresse."

Pour "mettre la pression maximale", l’Erdre pour tous organise, dès le 6 avril, des rassemblements sur place tous les dimanches à 10 h. "On veut monopoliser les propriétaires sur place. On envisage aussi une présence tous les jours pour essayer de passer. Il faut que la justice s’applique."
 

Les face-à-face entre militants et propriétaires peuvent être tendus, comme ici lors d'une marche en 2011.

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