"Tel-Aviv sur Seine" sous forte surveillance policière

FRANCE

POLEMIQUE - L'opération "Tel-Aviv sur Seine", organisée par la mairie de Paris dans le cadre de Paris Plages, s'est ouverte ce jeudi à 10 heures et durera jusqu'à 22 heures. Un important dispositif policier a été déployé. Une manifestation concurrente, baptisée "Gaza Plage", a débuté vers midi à l'appel d'organisations palestiniennes.

La journée s'annonce orageuse sur les bords de Seine. Malgré la polémique qu'elle a suscitée, l'opération "Tel-Aviv sur Seine" , organisée en marge de Paris Plages, s'est ouverte ce jeudi matin à 10 heures à Paris en présence d'un important dispositif de sécurité. Au total, quelque 500 policiers et gendarmes devaient être mobilisés afin de prévenir d'éventuels débordements, alors qu'une manifestation concurrente baptisée "Gaza Plage" a débuté à midi à l'appel d'associations propalestiniennes.

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Dispositif policier renforcé

La mairie de Paris n'a donc pas dévié de sa ligne et maintenu "Tel-Aviv sur Seine", comme prévu. Annoncé comme une " journée culturelle et festive ", l'événement doit se tenir jusqu'à ce soir 22 heures, entre le pont d'Arcole et le pont Notre-Dame, avec notamment la vente de spécialités culinaires israéliennes, des sports et jeux, et une animation musicale.

Alors que la tension est montée d'un cran ces derniers jours, plusieurs associations appelant à la mobilisation pour perturber l'évènement, la préfecture de police a renforcé son dispositif. "Jusqu'à cinq unités de forces mobiles pourront être engagées, sur la journée, complétées par des moyens spécialisés", a indiqué mercredi la préfecture de police dans un communiqué. Alors que le plan antiterroriste Vigipirate est au niveau le plus élevé en Ile-de-France depuis les attentats de janvier, en plus des fouilles des sacs sur le site, une surveillance devait être mise en place en amont et en aval de l'opération, comme en témoignent sur Twitter plusieurs journalistes sur place.

Au lancement de l'opération, les visiteurs étaient peu nombreux. Mais la foule a commencé à affluer aux alentours de 14 heures, selon des journalistes sur place.

Une manifestation pro-palestinienne à quelques pas de là

Une opération concurrente, baptisée "Gaza Plage", s'est ouverte aux alentours de midi entre le pont Notre-Dame et le Pont au Change", un espace adjacent à celui de "Tel-Aviv sur Seine". Plusieurs drapeaux palestiniens ont été déployés de ce côté là du pont Notre-Dame. Europalestine et une dizaine d'autres organisations avaient annoncé ce rassemblement, qui doit se tenir jusqu'à 21 heures, pour redire leur "indignation" face à la politique du gouvernement israélien dans les territoires palestiniens.

Cette manifestation fait craindre des débordements. L'été dernier, en pleine offensive israélienne à Gaza, des manifestations de soutien aux Palestiniens, interdites en raison des risques de violence, avaient dégénéré notamment dans le quartier populaire de Barbès à Paris, ainsi qu'à Sarcelles. Dans cette ville de banlieue parisienne, où vit une importante communauté juive, un rassemblement non-autorisé s'était transformé le 20 juillet en émeute urbaine aux relents antisémites.

"Soutien total" de Valls à "Tel-Aviv sur Seine"

En revanche, le Parti de Gauche, qui proteste depuis plusieurs jours contre l'organisation de "Tel- Aviv sur Seine", "n'appelle pas à se mobiliser", faute de moyens pour "éviter les provocations", a déclaré Eric Coquerel , coordinateur politique de cette formation. On n’appelle pas à se mobiliser pour une simple raison, c’est qu’on a vu sur les réseaux sociaux depuis des jours - y compris venant d’une certaine extrême droite sioniste - des appels à provocation extrêmement violents", a-t-il développé sur Europe 1. Considérant l'animation comme une promotion de la politique israélienne, le Parti de Gauche réclamait depuis ce week-end une modification de la programmation "Tel-Aviv sur Seine" ou son annulation, sans succès.

La polémique et les risques de débordements ont en tout cas largement fait réagir la classe politique ces derniers jours. Dans un tweet posté mercredi, le Premier ministre Manuel Valls a tenu à marquer son soutien à la maire de Paris Anne Hidalgo : "Soutien total à l’initiative de la Ville de Paris et à #TelAvivsurSeine. Halte au déferlement de bêtise".

Le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone (PS) s'est quant à lui voulu serein : "Je pense que malgré les protestations des uns et des autres, chacun va revenir à la raison", a-t-il dit, affirmant qu'"il n'y aura(it) pas de débordements". Florian Philippot, vice-président du FN, a de son côté déploré "que cette affaire provoque autant d'hystérie", ce qui "démontre la montée du communautarisme en France". Le Parti communiste a lui joint sa voix à ceux qui veulent annuler l'évènement, estimant également que "les accusations d'antisémitisme portées à l'encontre des opposants à cette journée et que véhiculent certains médias constituent un amalgame inacceptable".

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