Terrorisme : le sud de la France, nouvelle cellule fertile de recrutement jihadiste

Terrorisme : le sud de la France, nouvelle cellule fertile de recrutement jihadiste

ATTENTATS - S'il n'est pas revendiqué à ce jour, l'attentat de Nice survenu ce jeudi 14 juillet met en exergue un phénomène qui tend à se confirmer : les filières de recrutement jihadistes sont très implantées dans le sud de la France. A Nice en particulier, malgré les mesures prises par le département et la ville.

On connaissait la filière des Buttes-Chaumont, démantelée en 2005, qui organisait l'envoi de jihadistes français en Irak vers Al-Qaida. C'est désormais la filière du sud qui fait parler d'elle. Marseille, Nice, Montpellier... Ces trois villes sont devenues les principaux foyers de radicalisation de jeunes, tentés par la Syrie. 

L'attentat de Nice, qualifié de "terroriste" par les autorités, n'a pas été revendiqué à ce stade. Mais le choix du mode opératoire et de cette date hautement symbolique, le 14 juillet, évoquent les consignes de groupes jihadistes comme Al-Qaïda ou Daech.

Lunel, la cellule dure

Depuis deux ans environ, la région Paca (Provence-Alpes-Côte d'Azur), en particulier les départements du Var, les Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes et le Vaucluse sont devenus un sol fertile de cette radicalisation. De plus en plus, des filières terroristes sont démantelées par les services de police. Déjà en novembre 2015, à Toulon, un projet visant des militaires sur la base navale était déjoué de peu. Un suspect à l'époque arrêté dans un quartier de la ville, était alors en lien avec des jihadistes locaux partis en Syrie rejoindre des groupes islamistes.
 
En quelques mois, la petite ville de Lunel dans l'Hérault, 25.000 habitants, voyait partir des dizaines de jeunes vers la Syrie. En janvier 2015, ce sont cinq hommes qui étaient arrêtés dans la ville lors d'un coup de filet. Ils revenaient de Syrie où ils étaient engagés en tant que combattants. En France, la cellule de Lunel est connue comme faisant partie de la nébuleuse de réseaux d'acheminement vers la Syrie. Dans chaque affaire, un nom ressort : celui de Mourad Fares, il est l'un des trois principaux recruteurs français.

Les quartiers : berceaux de l'embrigadement ? 

A Toulouse, Marseille ou Nice, ce sont des foyers de radicalisation qui se sont multipliés ces derniers mois, à l'image du quartier de Molenbeek, dans la banlieue de Bruxelles. Dans les quartiers de ces villes où il y a une forte proportion d'habitants de confession musulmane, beaucoup de jeunes dérivent vers le terrorisme.

A Nice, par exemple, c'est un certain Omar Omsen, dit "Oumar Diaby" , un recruteur zélé, qui a encouragé des dizaines de jeunes à s'embrigader. Considéré par les services antiterroristes comme "un important recruteur" et un proche de Forsane Alizza, un groupuscule islamiste dissous en 2012 par le gouvernement, il était l'auteur de vidéos de propagande. Ancien délinquant, il était devenu un imam radical autoproclamé avant de rejoindre la Syrie en 2013.

Nice, une cible privilégiée 

Le 3 février 2015, quelques semaines après le traumatisme suscité par les attentats de janvier contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher à Paris, Moussa Coulibaly, originaire de la banlieue parisienne, avait agressé au couteau trois militaires qui montaient la garde devant un centre communautaire juif à Nice. Durant sa garde à vue, il avait évoqué sa haine de la France, de la police, des militaires et des juifs, selon une source proche de l'enquête. "On sait qu'à Nice, il y a un foyer de radicalisation", remarque le rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de 2015, le député socialiste Sébastien Pietrasanta.

A LIRE AUSSI >> Notre interview de Sébastien Pietrasanta 

Après l'attaque de Moussa Coulibaly début 2015 , c'est d'ailleurs, hors région parisienne, "la seule zone en France où le dispositif de sécurité avait été réévalué, pour passer en "alerte attentat", après l'évocation d'un projet d'attentat lors du Carnaval en 2014. En collaboration avec le département, Nice avait mis en place un arsenal de mesures pour repérer les adolescents qui basculent et tenter de les désendoctriner.

EN SAVOIR + >> Attentat de Nice : 84 morts selon le dernier bilan

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