Thinkovery, le magazine qui veut vous faire réfléchir différemment

FRANCE

MEDIAS – Lancé sur internet il y a un an, Thinkovery vient de sortir en édition papier. Toujours avec le même objectif : partir de questions de tous les jours, et aller chercher les réponses dans les études pointues menées dans les laboratoires. Pour apporter un point de vue différent des médias et des institutions.

"D’où vient la lumière du ciel dans une nuit sans lune ?" "Les, immigrés représentent-ils une réelle menace économique ?" "Quel est le pouvoir des émotions dans l’engagement politique ?" Ce sont quelques-unes des questions auxquelles entend répondre Thinkovery , un magazine lancé à Nantes sur le Web, en 2013. Le premier numéro, tiré à 11 000 exemplaires, est sorti il y a quelques jours.

En ces temps de crise de la presse, Loïc Legac, rédacteur en chef, reconnaît que la démarche est "culottée". Mais il croit en son concept : aider à décrypter la multitude d’informations auxquelles nous sommes confrontés… avec l'aide de chercheurs. "Aujourd’hui, journalistes, experts et institutions réagissent très vite, transmettent des faits pas toujours fondés", explique Loïc Le Gac. "Pourtant, dans leurs laboratoires, des scientifiques réfléchissent dessus depuis des années. On a décidé d’aller voir ce qu’ils ont à nous dire."

Aider à défricher la multitude d'informations

La démarche est quasiment militante : "Quel que soit le bord politique auquel on appartient, il est devenu difficile de faire confiance aux institutions", poursuit Loïc. Une défiance renforcée par Internet, où des sites comme Google ou Wikipedia propagent parfois des rumeurs ou des fausses informations. "Pour que la démocratie fonctionne bien, l’opinion publique doit être éclairée", estime Loïc. "Il est donc important de rendre disponible une information fiable, de qualité, aussi bien pour l’économie, la science, la santé, l’environnement… "

L’équipe décode les rapports, débroussaille le jargon technique… pour en faire émerger les idées "accessibles à tous". Chiffres et résultats bruts permettent ainsi de balayer certaines idées reçues. Loïc cite, à titre d’exemple, la question de fraudes aux prestations sociales : "Des députés ont indiqué que c’était le plus gros problème français. Pourtant, les études montrent que c’est un phénomène en fait très faible, qui n’a rien à voir avec la fraude fiscale !" Mais les sujets plus légers, comme l’histoire du bleu et du rose ou celle du chocolat, sont aussi prétexte à faire bouillonner les neurones…  Et cela plaît. Depuis un an, le site de Thinkovery, qui propose des interviews de chercheurs en vidéo, a une fréquentation en hausse régulière, avec aujourd’hui 12 000 visiteurs uniques par mois. Le magazine papier, trimestriel, permet de toucher le public par un autre biais, avec du recul.
 

Lire et commenter