Toulouse : imbroglio autour de l'expulsion des migrants de l'île du Ramier

Toulouse : imbroglio autour de l'expulsion des migrants de l'île du Ramier

SOCIETE – D'ici la fin de l'été, plus d'une centaine de migrants seront expulsées de l'île du Ramier afin d'accueillir l'Euro 2016. Pour reloger une partie d'entre eux, la mairie de Toulouse a prévu de construire un village d'insertion dans le quartier du Paléficat à Croix Daurade, au Nord de la ville. Mais les riverains ne l'entendent pas de cette oreille.

Ils vivent dans des maisons fabriquées de briques et de broc. Depuis deux ans, des centaines de personnes ont élu domicile dans des campements de fortune sur l'île du Ramier. La majorité sont des migrants issus d'Europe de l'Est, notamment des roms, ou du Sud. L'association Droit au logement (DAL), a recensé au moins 115 personnes dont 37 enfants "dans le statut quo depuis deux ans, à qui aucune solution n'a jamais été proposée", explique François Piquemal, le porte-parole de l'association.

Mais, l'Euro 2016 approchant, la mairie de Toulouse a décidé de faire place nette. Le 6 juillet, la justice a autorisé l'expulsion de ce bidonville, demandant à la mairie de Toulouse de proposer une solution de relogement aux ressortissants de l'Union Européenne. S'appuyant sur l'expérience du village d'insertion du Grynfogel où ont été relogées les habitants des Castalides la mairie a décidé de construire, d'ici le mois de septembre, un village d'insertion au Nord de Toulouse, dans le quartier du Paléficat. Il consisterait à proposer aux familles des logements dans 32 mobil­homes et un accompagnement social. Une solution transitoire qui, au Grynfogel, montre des résultats. Selon les chiffres avancés par la ville de Toulouse, sur les 23 familles au départ du projet, 11 ont retrouvé un logement dans le parc locatif de droit commun et 21 personnes ont signé des CDD ou des CDI.

"Concertation bulldozer"

Mais l'emplacement de ce futur village dans le quartier Paléficat ne fait pas l'unanimité. Dans ce quartier encore peu urbanisé, les riverains sont vent debout contre un projet dont ils ont appris l'existence "en voyant débarquer des engins de chantier, un beau matin à 7 heures, pour terrasser le terrain", peste Sylvie Roussel de l'association Vivre à Paléficat en désignant du doigt le champ en partie défriché.

"Nous ne voulons pas stigmatiser les personnes qui seront relogées, mais nous n'avons jamais été informés ni consultés. Il s'agit de concertation bulldozer. Entre les campements illicites de gens du voyage, un squat de SDF, un lieu d'accueil pour les gens du voyage sédentarisés, nous avons 18% de population précaire sur le quartier, nous avons atteint notre quota, lance Sylvie Roussel. Cela va créer un ghetto !"

Les travaux suspendus

Les habitants qui ont dégainé banderoles et pétition, s'estiment déjà "traumatisés par plusieurs vagues d'expropriations", avance Sylvie Roussel, qui va elle­-même perdre 500 m2 de terrain. Des expropriations dues à la réserve foncière de 110 hectares que s'est constituée la mairie ces dernières années et au projet de boulevard urbain nord (BUN), projetant de relier Toulouse, par le quartier Borderouge, à Bruguières en passant par L’Union, Castelginest et Launaguet.

Devant cette vague de contestation, la mairie a suspendu les travaux et précise que le projet "ne se fera pas sans concertation avec les habitants ni sans qu'un accord soit trouvé avec eux" tout en précisant "qu'il faut aller vite, l'enjeu étant de permettre aux familles de scolariser leurs enfants à la rentrée".

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