Toulouse : inquiétude devant l'escalade de la violence aux Izards

FRANCE

FAIT DIVERS – Policiers et magistrats se montrent toujours aussi soucieux devant la flambée de violence qui a fait deux nouvelles victimes cet été. Alors que la police réclame des moyens supplémentaires, la justice appelle davantage de coopération de la part de la population.

"Les enquêtes sont en cours, après les sept dernières gardes à vue il pourrait en avoir d'autres prochainement". En cette veille de rentrée, le procureur Michel Valet se montre prudent quand il faut commenter la situation des Izards.

Le quartier du nord de Toulouse s'est retrouvé au cœur de l'actualité après les assassinats en trois jours de deux caïds du quartier. Une escalade de la violence inquiétante pour le magistrat qui a parlé même de "radicalisation à la marseillaise". L'enquête à la suite de ces règlements de compte sur fond de trafic de drogue a débouché sur l'interpellation de sept suspects qui ont été placés en garde à vue le 20 août dernier. Ils ont tous été relâchés depuis, faute de preuves suffisantes.

Les habitants ne veulent pas témoigner

"Nous avons beaucoup de difficultés à recueillir des témoignages parmi les riverains, il est nécessaire que les citoyens aident la justice", rappelle le magistrat soucieux de l'escalade dans laquelle s'enferme depuis décembre 2013 ce petit quartier de 3900 habitants. Sentiment confirmé par les policiers toulousains devant "la guerre des clans et des territoires" décrite par Didier Martinez, secrétaire du syndicat policier SGP-FO.  "Depuis quelques années le nord de Toulouse s'est beaucoup développé avec l'émergence de nouvelles zones d'habitations. Nous sommes impuissants car on manque de moyens pour couvrir tout ce territoire", analyse le délégué syndical. "Le commissariat nord affiche dix fonctionnaires, chacun d'eux a en charge 300 dossiers, ils croulent sous les procédures. "

Un son de cloche bien loin du discours de satisfaction tenu par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Ce dernier s'est félicité dans un courrier adressé à Jean-Luc Moudenc le maire de Toulouse de la résolution par la police judiciaire "de huit affaires significatives dans la zone de sécurité prioritaire nord-est".

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