Toulouse : une seconde vie pour le pain dans les quartiers

Toulouse : une seconde vie pour le pain dans les quartiers

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ENVIRONNEMENT – Depuis deux mois, les habitants du Mirail, d'Empalot et de Bagatelle recyclent leur pain. Au lieu d'être jeté dans la rue, il est désormais collecté pour être donné à des animaux des fermes de la région.

Recycler le pain au lieu de le jeter. Depuis le mois de décembre, les habitants du Mirail, de Bagatelle et d'Empalot ont changé leurs habitudes. Désormais ils déposent leur pain dur dans une dizaine de bacs de collecte installés devant des boulangeries ou au pied des immeubles. "Culturellement, jeter le pain est très mal vu, explique Sylvie-Anne Layani, une des responsables de cette initiative à la régie de quartier Reynerie Services. Les habitants s'en débarrassaient par la fenêtre ou sur la voie publique pensant en faire profiter les animaux." Résultat, les rats et les pigeons proliféraient. La mairie de Toulouse a donc décidé de faire appel à Reynerie services et à la société de recyclage Cler-Verts.

Environ 500 kilos de pain récoltés chaque semaine

Tous les lundis et jeudis, Warres, le responsable technique fait la tournée des douze bacs de collecte. "Ce matin j'ai récolté 380 kilos", s'enthousiasme-t-il. Les objectifs, à l'origine fixés à 250 kilos par semaine, ont rapidement été dépassés pour atteindre plus de 500 kilos hebdomadaires. Les bailleurs sociaux comme Patrimoine et les Chalets ont en effet installé des collecteurs au pied des immeuble. "Cela limite les frais de nettoyage et donc les charges locatives", explique Jean-François Ravary, le directeur de la régie de quartier. Une fois le pain récolté, la société Cler Verts le transforme en granulés pour les volailles ou les chevaux. De son côté, Reynerie services a créé deux emplois en insertion pour la collecte. "Nous embauchons des habitants du quartier et les formons à la conduite d'un transpalette et leur finançons le permis de conduire. Ils pourront postuler ensuite auprès de grandes entreprises", poursuit le directeur de la régie.

"Ca change l'image du quartier"

L'initiative est assortie d'actions pédagogiques comme des ateliers pour apprendre à cuisiner le pain sec. "On sensibilise au gaspillage alimentaire, explique Sylvie-Anne. L'idéal serait d'installer des collecteurs dans les cantines scolaires pour toucher les élèves." "Ca change aussi l'image du quartier en montrant que les habitants savent participer à des actions civiques", glisse Warres.

Devant le succès de l'opération, la mairie de Toulouse n'exclut pas d'étendre la collecte quand le dispositif sera évalué en juin 2015.

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