Trafic de drogue : "si on ne fait rien, Marseille sera Tijuana"

Trafic de drogue : "si on ne fait rien, Marseille sera Tijuana"

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FAIT DIVERS – La Sûreté Départementale de la Direction Départementale de la Sécurité Publique (DDSP) des Bouches-du-Rhône a saisi près de 28 kilos de résine et d’herbes de cannabis dans la cité du Plan d’Aou à proximité de la Castellane. L’illustration de la nouvelle méthode de travail des policiers dans la lutte contre le trafic de drogue.

Les trafiquants de drogue changent leur méthode. La police aussi. La Sûreté Départementale de la Direction Départementale de la Sécurité Publique ( DDSP ) des Bouches-du-Rhône vient de saisir cette semaine près de 28 kilos de résine et d’herbe de cannabis dans la cité du Plan d’Aou à proximité de la Castellane dans le 15e arrondissement. Montant estimé de la saisie présentée mardi : 35 000 euros.

Les nourrices se déplacent

Outre la drogue, 4 personnes ont été interpellées dans cette affaire menée par la brigade des stupéfiants. Sur la base de renseignements, les enquêteurs ont identifié un point de deal où le stock de cannabis était situé dans un appartement du 3e arrondissement, à 10 kilomètres de la cité. "Les nourrices (les personnes stockant la drogue) ne sont plus forcément dans l’épicentre mais assez loin", révèle le directeur de la DDSP, Pierre-Marie Bourniquel.

"Les trafiquants sont ingénieux, mais nous aussi", ajoute à ses côtés Stéphane Brunoni, directeur adjoint de la Sûreté Départementale. Depuis deux mois, l’approche globale avec une présence policière accrue dans l’une des 40 cités de Marseille connaît en effet un sérieux lifting pour s’adapter aux méthodes des trafiquants. Un changement basé sur un constat : la nature ayant horreur du vide et le trafic en particulier, lorsqu’un point de deal est stoppé à un endroit, il se déporte vers un autre.

Une carte des zones de rayonnement de la délinquance

L’affaire du Plan d’Aou est l’illustration de ce jeu de vase communicant. À l’arrêt depuis le début de l’année, le trafic dans la cité de la Castellane , réputé pour être le plus important de la ville, pâtit de la présence quotidienne des policiers. Résultat, les clients, au nombre de 300 par jour, se fournissaient dans cette plus petite cité à proximité de la "cité mère". À Marseille, une dizaine a été identifiée. Chacune dispose de cité satellite où le trafic est susceptible de se développer. Selon la DDSP, ce sont "les zones de rayonnement de la délinquance".

Une terminologie encore jamais employée en France. "Marseille est un laboratoire indique Pierre-Marie Bourniquel détaillant son plan d’action. Lorsque nous agissons dans une cité-mère, nous procédons à des piqûres de guêpe dans les cités à proximité", explique-t-il. Une méthode qui porte ses fruits pour le moment. Depuis le début de l’année, 2 millions d’euros de drogue ont été saisis. L’objectif de 4 millions est annoncé pour la fin d’année. Un chiffre donnant la mesure de l’importance du trafic. "Mais si on ne fait rien, Marseille sera Tijuana", compare le chef de la Sécurité Publique.

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