Trois choses que vous ne savez pas sur Anne de Bretagne

Trois choses que vous ne savez pas sur Anne de Bretagne

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LOISIRS- A l’occasion des 500 ans de sa mort, le cœur de la duchesse de Bretagne est exposé au Château des ducs de Nantes. L’occasion d’en découvrir un peu plus sur celle qui a été deux fois reine de France.

Un paradoxe. Anne de Bretagne est un symbole intimement lié à la ville de Nantes et pourtant, elle reste assez méconnue des habitants. Pour les 500 ans de sa mort, le Château des ducs accueille l’écrin d’or de son cœur, jusqu'au 18 mai. L’occasion d’en apprendre un peu plus sur cette figure historique locale.

Elle a au final peu résidé à Nantes
Anne est née en 1477 au Château. Mais l’édifice est en plein chantier, et le duché est déchiré par cette "guerre folle", qui oppose son père François II, au royaume de France. Résultat, elle ne reste pas à Nantes et passe l’essentiel de son enfance à Vannes et à Châteaubriant. A 14 ans, celle qui est désormais une jeune duchesse, épouse le roi Charles VIII, vainqueur de son père. Durant ce premier mariage, elle ne fait que de courtes apparitions en Bretagne, résidant à Amboise, Tours, ou Paris. Mais après la mort accidentelle du souverain, 7 ans après, elle poursuit les travaux de reconstruction du château, élargit les douves, édifie la tour de la Couronne. Avec son second mariage, avec le nouveau roi Louis XII, elle vit les 15 années suivantes à Blois. Mais garde toujours sa propriété nantaise comme une base arrière, à laquelle elle reste attachée.

Ses funérailles ont été hors-norme 
La mort d'Anne de Bretagne, le 9 janvier 1514, à 36 ans, a donné lieu à des célébrations sans précédent pour un roi ou une reine. Elles se sont étalées jusqu’au 19 mars, date où son cœur a été inhumé à l'église des Carmes à Nantes. Son corps a lui été embaumé, exposé pendant trois semaines, des repas servis midi et soir autour de sa dépouille. Une première pour une reine. Comme le fait que sa mort a été proclamée officiellement dans la basilique Saint-Denis, où son corps est enterré le 16 février, après un long cortège funèbre qui l'a accompagné de Blois aux portes de Paris. Ce rituel sera repris par sa fille puis les rois qui suivront, avant que les guerres de religion n’empêchent ces enterrements fastueux.

Elle est un mythe à deux facettes
Cette reine dispose aujourd’hui d’un capital de sympathie fort, incarnant l’union de la Bretagne à la France. Mais au fil de l'histoire, elle est tour à tour érigée par les chroniqueurs comme une Marianne bretonne, symbole de la violence de la France envers les Bretons, ou à l’inverse figure loyale unie à la France par ses deux mariages. Les deux discours, régionaliste et institutionnel, ont beaucoup varié dans le temps. Mais ils ont participé à faire de cette reine une figure légendaire.

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