Trop d'opacité autour de l'acquéreur de l'aéroport de Toulouse-Blagnac ?

Trop d'opacité autour de l'acquéreur de l'aéroport de Toulouse-Blagnac ?

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ECONOMIE – Selon Médiapart, la société Casil Europe, nouvel actionnaire principal de l’aéroport de Toulouse, aurait un siège social fictif à Paris. Une information qui apporte de l’eau au moulin des opposants qui s’inquiètent également de la disparition récente de son PDG Mike Poon.

Voilà des révélations qui apportent du grain à moudre aux opposants de la privatisation de l’aéroport Toulouse-Blagnac. Selon une enquête publiée ce mardi par le journal Médiapart , la société française CASIL Europe, qui a acquis pour 308 millions d’euros les 49.9 % des parts de l’aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) "n’a que 10 000 euros de capital, et son siège social, place de la Madeleine, à Paris, est fictif". CASIL Europe pourrait donc être une société écran.

Le PDG a disparu

A la tête de CASIL, on retrouve Poon Ho Man ou Mike Poon, également PDG de la China Aircraft Leasing Company (CALC), société spécialisée dans le leasing d’avions et filiale du fonds d’investissement Friedmann Pacific Asset Management. C'est ce dernier qui a, avec le groupe public chinois Shandong Hi-Speed Group, créé la société de droit français CASIL afin d’acquérir les parts d’ATB.

Or, Mike Poon a démissionné sans explication de la direction générale de CALC et est injoignable depuis mi-mai a révélé le quotidien chinois South China Morning Post. La justice chinoise le soupçonnerait d’être impliqué dans une affaire de corruption par l’intermédiaire d’un de ses clients, la compagnie aérienne China Southern Airlines. Selon Médiapart, le milliardaire chinois "a vendu en catastrophe des actions en sa possession".

"Trop d’opacité dans ce dossier"

Faut-il s’inquiéter de ces révélations ? Concernant la disparition de Mike Poon, un porte-parole de l’aéroport a indiqué que "(sa) démission ne concerne pas directement l'aéroport de Toulouse puisqu’il n'a pas démissionné du fonds d'investissements Friedmann". Même son de cloche pour Anne-Marie Idrac, présidente du conseil de surveillance de l’aéroport, qui estime que "CALC est un loueur d'avion qui n'a rien à voir avec l'aéroport".

Pour le collectif contre la privatisation de l’aéroport, en revanche, la réponse est oui. "Nous pensions déjà que le fait que le nouveau co-actionnaire SNC Lavallin soit interdit bancaire jusqu'en 2023 par la banque mondiale pour corruption posait problème, lance Chantal Beer-Demander, porte-parole du collectif. Comment une société au capital de 10 000 euros a-t-elle pu débourser 308 millions d’euros ? Les soupçons de corruption ont-ils un volet français ? Il y a désormais trop d’opacité dans ce dossier".

Des questions que le collectif compte soulever ce soir à 18 h 30 lors d'"une conférence de presse parodique" devant le cinéma UGC, alors que le Premier ministre, Manuel Valls, et son homologue chinois, Li Keqiang, seront à Toulouse aujourd'hui et demain pour le sommet franco-chinois.

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