Un comité de soutien créé après la condamnation d’un manifestant anti-aéroport

Un comité de soutien créé après la condamnation d’un manifestant anti-aéroport

DirectLCI
NOTRE-DAME-DES-LANDES - La famille et les amis d’un manifestant condamné à la prison ferme dénoncent "une parodie de procès".

Enguerrand, 23 ans, a été condamné mardi dernier à un an de prison ferme par le tribunal de Nantes. Il a été incarcéré à l’issue de l’audience. Il était accusé d’avoir fabriqué un fumigène lors de la manifestation anti-aéroport du 22 février dernier. Il comparaissait avec trois autres prévenus, interpellés lundi dernier par la police lors d’une "opération d’envergure" et soupçonnés d’être liés aux violences qui ont émaillé la manifestation. Ils ont écopé de peines allant du sursis à 4 mois de prison avec sursis à cinq mois ferme.

En début de semaine, les sentences avait fait réagir les militants venus soutenir les manifestants arrêtés. Les magistrats avaient été hués et la salle d’audience avait été évacuée. Jeudi, un groupe baptisé "Comité de soutien aux inculpé-e-s anti-aéroport" a été créé par la famille et les amis d'Enguerrand. "Nous voulons apporter notre soutien moral et matériel à Enguerrand et à ses proches, particulièrement à sa compagne et à sa fille âgée d'un an, ainsi qu'à tous ceux et toutes celles qui sont et seront inquiétés pour avoir manifesté leur détermination contre l'aéroport et son monde le 22 février 2014", indique le comité.

"Une parodie de procès"

Le comité dénonce en effet "une parodie de procès dont les étapes sont écrites à l’avance", avec des peines "purement arbitraires" : "Les dossiers sont vides. La procureure a bien du mal à camoufler l'absence d'enquête sérieuse. La volonté de faire des exemples est évidente." Le comité met plus largement en cause l’action de la police, qui aurait été à l’origine des violences : "Le dispositif des forces de l’ordre a cherché à s'opposer puis à casser la manifestation."

Dans les semaines à venir, deux mineurs seront déférés devant le juge des enfants pour des faits de violences sur les forces de l'ordre - des jets de bouteille et de pavés - et la dégradation d'un local Vinci, le groupe concessionnaire du futur aéroport. Le dernier comparaîtra ultérieurement devant le tribunal correctionnel pour des faits de violences par jets de pétards contre les forces de l'ordre.

Déjà des condamnations en février

La manifestation contre le projet Notre-Dame-des-Landes avait rassemblé, le 22 février à Nantes, un nombre record de participants (20 000 à 60 000 personnes selon les sources). D’après la préfecture, une dizaine de policiers et gendarmes avaient été blessés et hospitalisés, et 14 personnes avaient été interpellées. Cinq jeunes gens, arrêtés lors de la manifestation, ont par ailleurs été condamnés fin février à des travaux d'intérêt général et à de la prison ferme.

> Contact du comité de soutien : soutien.enguerrand@riseup.net
 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter