Un ex-avocat jugé pour avoir donné un "coup de pouce" à un trafiquant de drogue

Un ex-avocat jugé pour avoir donné un "coup de pouce" à un trafiquant de drogue

JUSTICE - Un ex-avocat jugé pour avoir renseigné le chef présumé d'un trafic de cocaïne a reconnu mardi devant le tribunal correctionnel de Marseille avoir agi par peur, appât du gain et afin de donner un "nouvel élan" à sa carrière.

Un scénario digne d’un polar américain. Depuis lundi, un ex-avocat de Perpignan est jugé devant le tribunal correctionnel de Marseille pour son implication dans un trafic de cocaïne . Plus précisément pour les précieux conseils qu’il aurait donnés à des trafiquants.

Retour sur les faits. En juillet 2011, Me Jean-Pierre Maillé assiste Philippe Fournier, soupçonné de trafic de drogue. Les douaniers viennent de saisir près de Perpignan 172 kilos de cocaïne. Mais il reste du stock. Philippe Fournier, via son avocat, informe alors sa femme de l’endroit où se trouve la marchandise. 70 kilos échapperont ainsi aux mains des autorités.

Pour sa défense, l'avocat a raconté mardi au tribunal s'être entendu dire "froidement" : "Vous allez dire à ma femme qu'il reste de la marchandise". Il affirme avoir eu peur : "C'était le ton, le regard, l'impératif. C'était comme un ordre".

D’importants honoraires

Trois mois plus tard, Jean-Pierre Maillé, sous la pression, récidive. Un membre du présumé réseau de son client est arrêté. L’avocat informe immédiatement l’un des complices de Philippe Fournier de cette arrestation avant de le tenir quotidiennement au courant des déclarations en garde à vue.

En échange de cette précieuse collaboration, Jean-Pierre Maillé aurait reçu d’importantes sommes d’argent. Un des parrains de la drogue, proche de son client, lui aurait un jour demandé : "Est-ce que ça vous va 20.000 euros comme honoraires ?". "Pour moi, c'était énorme, c'était 50 % de mon chiffre d'affaires et j'avais de gros problèmes financiers", a avoué Jean-Pierre Maillé au tribunal.

Jean-Pierre Maillé, qui assure avoir "fait une croix sur la robe d'avocat", a retrouvé du travail comme juriste salarié. "Cette profession, c'était la fierté de ma mère femme de ménage et de mon père employé d'une mutuelle agricole", a-t-il dit au tribunal, des sanglots dans la gorge. "Si j'ai agi ainsi, c'est que j'étais mort de trouille, je me suis retrouvé piégé", a-t-il affirmé. Le réquisitoire est attendu mercredi.
 

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