Un match au Vélodrome pour sortir des clichés sur le handicap

FRANCE

INITIATIVE – Sur un même terrain, sur une même pelouse, des adolescents de collège et des jeunes souffrant de handicaps se sont affrontés au stade Vélodrome de Marseille pour dépasser les clichés.

Sur un terrain de football, des jeunes courent après un ballon. En apparence, rien de plus banal. Sauf que le lieu et le contexte sont exceptionnels. À l’initiative d’ Handicap international , des collégiens du département ont affronté mercredi des adolescents souffrant de handicaps sur la pelouse du stade Vélodrome. Une enceinte mythique, quoique… "Il n’est pas bien le stade, il est en chantier !", gronde Mickaël. Une petite contrariété pour ce jeune déficient mental de 19 ans, "heureux " toutefois de pouvoir jouer au football.

"Ils sont comme nous, il n’y a pas de différence", reprennent avec sincérité, Aminata, Rania, Zaoïdi et Raïta, venues du centre social de Val Plan à Marseille. "Avant je ne m'intéressais pas aux personnes handicapées", reconnaît l’une d’elles. Mais après plusieurs rencontres avec les pensionnaires des instituts médico-éducatifs (IME), son regard a changé. "Bon au début, j’avais un peu peur quand l’un faisait une crise, mais une fois que c’est passé, on rejoue normalement", assure-t-elle.

Une rencontre bénéfique

Un message de "tolérance", mais surtout une façon d’apprendre la "différence", souligne Ludovic, responsable du collège de Salon-de-Provence qui participe à l'opération. "Parfois, un jeune va traiter un autre de trisomique. Mais après ce genre de journée, ils font plus attention aux mots qu’ils utilisent", ajoute Joël, éducateur spécialisé. Une façon aussi pour ces ados de relativiser et de ne pas "trop s’apitoyer sur leur sort".

Un événement "gagnant-gagnant" pour tout le monde résume Lydie. "Les jeunes des IME se comportent différemment au contact des autres collégiens. Ils ont moins de sautes d’humeurs, ils sont plus apaisés", se réjouit l’éducatrice spécialisée. Un apaisement de courte durée, coupe Joël "car après ils me parlent de cette journée pendant 15 jours !"
 

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