Un navire de croisière bloqué par les marins de la SNCM

Un navire de croisière bloqué par les marins de la SNCM

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SOCIAL – Une cinquantaine de marins de la SNCM ont empêché l’accostage, dimanche matin, d’un paquebot de croisière dans le port de Marseille. Une action coup de poing pour dénoncer les menaces qui pèsent sur la compagnie maritime. La grève entamée mercredi se poursuit jusqu’à lundi.

Les marins passent à l’action. Dimanche, vers 7 heures du matin, une cinquantaine de salariés de la SNCM ont empêché l’accostage au port de Marseille d’un paquebot de croisière transportant 2 700 personnes. Un blocage provisoire. Le navire de la compagnie Costa Croisières a pu dans la matinée accoster plus au Nord, vers l’Estaque, au grand dam du directeur des terminaux Croisières du port de Marseille, Jacques Massoni. "Ils ont mis en péril la manœuvre, d’autant que les conditions météo n’étaient pas favorables", dénonce-t-il.

"Cette action symbolique démontre notre détermination", rétorque le délégué du personnel de la CGT, Frédéric Alpozzo, en grève depuis mercredi . "Rien ne bouge, nous n’avons aucune réponse concernant le sort de l’entreprise", déplore-t-il. Dans le collimateur du syndicaliste : le rôle ambigu de l’actionnaire majoritaire de la compagnie maritime, Transdev (filiale du groupe Veolia), soupçonné par les marins de vouloir "liquider" la SNCM.

La menace judiciaire

En février dernier, le PDG de Veolia, Antoine Frérot, avait défendu la mise sous cocon de la SNCM au tribunal de commerce, afin de "travailler sereinement", à l'abri des lourds remboursements d'aides exigés par la justice européenne (400 millions d’euros). Une protection judiciaire synonyme de "dépeçage", selon Frédéric Alpozzo. "Un plan de redressement avec l’achat de nouveaux navires et la suppression de 500 postes a été voté en début d’année, rappelle-t-il. Si on va au tribunal, tout sera annulé", redoute le délégué CGT.

A l’issue d’une assemblée générale, dimanche matin, la reconduction de la grève "a été votée à l’unanimité", afin de mettre la pression sur le gouvernement. "Il faut que l’Etat (autre actionnaire de la SNCM via la Caisse des dépôts) prenne ses responsabilités", demande Frédéric Alpozzo. Selon lui, le remplacement de deux des sept représentants au conseil de surveillance de l’actionnaire Transdev par des membres de la Caisse des dépôts permettrait de "rééquilibrer la donne" et de "garantir la survie de la SNCM".
 

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