Un opposant à Notre-Dame-des-Landes condamné pour avoir "volé"... dans des poubelles

Un opposant à Notre-Dame-des-Landes condamné pour avoir "volé"... dans des poubelles
FRANCE

JUSTICE – Un opposant au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a été condamné pour le "vol" de denrées alimentaires périmées à l’arrière d’un supermarché, une pratique assez répandue sur la "zone à défendre" du projet d’aéroport.

Peut-on voler quelque chose qui a été jeté par son propriétaire ? Oui, a tranché jeudi le tribunal correctionnel de Nantes. Celui-ci a condamné un habitué de la zone d'aménagement différé (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes, "en rupture avec la société de consommation", à trois mois de prison avec sursis et 105 heures de travail d’intérêt général (TIG). Il avait été surpris lundi soir, avec deux autres personnes, à l’arrière du Super U de Ligné , en train de charger leur coffre de voiture de poubelles remplies de denrées alimentaires périmées. Un mode d’approvisionnement assez répandu sur la ZAD.

"On marche un peu sur la tête"

Thierry, 39 ans, avait pour cela escaladé le mur d’enceinte du supermarché, mais n’avait commis aucune infraction. "On marche quand même un peu sur la tête : comment peut-on considérer que prendre quelque chose qui n'a plus d'utilité - dès lors que son propriétaire l'a jeté - c'est du vol ?", plaide son avocat, Me Stéphane Vallée . "Pour moi, ça reste d'abord de la récupération, comme ce que font les gens dans les déchetteries." L’avocat de la défense critique au passage la "pénalisation à tout-va" du parquet de Nantes, qui va jusqu'à la "pénalisation de la misère". La substitut du procureur de la République avait réclamé, pour sa part, trois mois de mois de prison pour son client, et la révocation de deux autres relevant de sa précédente condamnation. "Plus de cinq mois de prison, cela me semblerait démesuré. Mais les faits doivent être sanctionnés", avait fait valoir la représentante du ministère public.

Interdit de séjour en Loire-Atlantique

Thierry, en effet, n'aurait pas dû se trouver en Loire-Atlantique : en novembre 2012, il avait écopé de six mois de prison avec sursis et surtout d’une interdiction de séjour dans le département pendant deux ans, après les heurts qui avaient éclaté avec les forces de l'ordre sur la " zone à défendre " du projet d'aéroport... Mais, à l’audience, le principal intéressé a plaidé le malentendu. "Pour moi, interdiction de séjour, ça voulait dire interdiction de dormir, mais pas interdiction de traverser le département", avance ce père de deux enfants de 14 et 15 ans, qui "voyage à droite à gauche en France" depuis dix-huit mois et dort le plus souvent "chez un ami" à La Varenne (Maine-et-Loire). Il s'était ainsi rendu à Nantes pour passer un entretien d'embauche à l'association de réinsertion L'Atelier .

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