Un patient opéré de l'intestin sans incision, une première mondiale à Marseille

Un patient opéré de l'intestin sans incision, une première mondiale à Marseille

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SANTE – Pour la première fois, une équipe de chirurgie gastrique a réussi à opérer un patient souffrant de problèmes intestinaux sans faire de suture sur la peau. Un exploit réalisé par des chirurgiens marseillais.

Prenez un patient de 30 ans. Il vit à Besançon et, depuis plusieurs mois, il souffre de douleurs intestinales graves à cause d’une occlusion de l'intestin grêle. Son estomac ne se vide pas, il maigrit à vue d’œil.

Seul moyen de le nourrir, l’utilisation de sondes. Pour corser le tout, des varices sur le ventre empêchent toute incision pour opérer de manière classique. Seule solution : le transférer vers le service de gastro-entérologie de l’hôpital Nord Marseille.

"Grosse pression"

Depuis 3 ans, cette équipe a mis au point une technique révolutionnaire pour opérer l’estomac sans pratiquer d’incision. Comment ? En pratiquant, l’endoscopie par voie orale. C’est-à-dire en utilisant une caméra au bout d’un tube optique pour explorer et soigner dans ce cas précis le système digestif.

Autre première : une prothèse, mise au point dans un laboratoire californien, permet de faire la jonction entre l’estomac et l’intestin grêle. La partie de cet organe qui ne fonctionne pas est ainsi évitée. Testée sur le cochon, cette méthode a été validée par le corps médical.

Le jour J, le patient a eu l’estomac vidé. L’opération a duré au total un peu plus de deux heures et fut couronnée de succès, à la grande joie du Pr Marc Barthet, responsable de l’équipe de gastro-entérologie de l’Hôpital Nord. "Il y avait une grosse pression, confie-t-il à metronews. J’ai passé la nuit précédente à envisager tous les cas de figure".

De très belles perspectives

Le lendemain, le patient a pu boire en toute décontraction. Ce qu’il ne pouvait plus faire depuis de nombreux mois. Deux jours après, il retrouvait même l’appétit. Côté médical, un scanner a permis de vérifier que la prothèse tenait bon. Au bout de cinq jours, le trentenaire pouvait repartir chez lui à Besançon. En cas de chirurgie classique, il aurait été hospitalisé au moins 15 jours.

Outre la pose d’une prothèse révolutionnaire, c’est toute la chirurgie par voie endoscopique qui prouve son efficacité, se félicite le Pr Barthet. "Ça ouvre des perspectives pour les personnes souffrant par exemple d’obésité", indique-t-il.

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