Un questionnaire "hallucinant" sur la déontologie des avocats

Un questionnaire "hallucinant" sur la déontologie des avocats

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POLEMIQUE – Les destinataires étaient invités à dire à quelle fréquence ils avaient "défendu une affaire sous l’emprise de stupéfiants" ou encore "ralenti une instruction affaire afin de toucher plus d’honoraires" au cours de l’année passée…

C’est un questionnaire "hallucinant", selon une avocate nantaise . Même "profondément choquant" pour Jacques Lapalus : selon nos informations, le bâtonnier du barreau de Nantes vient d’adresser un courrier salé à l’école de management de Grenoble (Isère), concernant l’enquête adressée à un certain nombre de ses confrères. Portant sur la déontologie de la profession, il leur était demandé à quelle fréquence ils avaient "défendu une affaire sous l’emprise de stupéfiants", "utilisé un langage exagérément complexe afin de mieux manipuler son client" ou bien encore "ralenti l’instruction d’une affaire afin de toucher plus d’honoraires" au cours de l’année écoulée… 

"Je vous écris pour vous faire part de la protestation du barreau de Nantes sur les termes de l’enquête, a priori envoyée à un grand nombre d’avocats et dont on ignore par ailleurs et la destination et l’usage que ce ''chercheur'' a l’intention d'en faire", écrit Jacques Lapalus dans ce courrier.

"Un chercheur qui cherche la merde"

Le questionnaire – anonyme – leur a été adressé en réalité par un doctorant de l’école. Ouverte le 4 mars, son enquête a été fermée six jours plus tard, face au tollé provoqué. "C’est indigne : est-ce qu’on demande aux chercheurs s’ils font des copier-coller pour leurs travaux de recherche ou de faux échantillonnages ?", s’étrangle le bâtonnier nantais. "On est face à un chercheur qui cherche la merde, et qui dit que la profession d’avocat est pourrie."

Du côté des chercheurs on se défend d'avoir voulu viser en particulier la profession d'avocat. "Le sujet de recherche est indépendant de la profession (…) : le questionnaire a été préalablement testé sur d’autres échantillons, sans problème particulier", a déclaré à metronews dans un mail  Mark Smith, professeur à l’école de management de Grenoble

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