"Un scandale d'Etat", quand Christian Estrosi s'attaque au préfet

FRANCE
POLEMIQUE - Le maire veut engager des actions au tribunal administratif contre la préfecture qui ne l'aurait pas informé d'un risque d'attentat lors du dernier carnaval de Nice. Le préfet répond qu'aucun lien n'avait été établi à l'époque entre l'arrestation d'un individu et une éventuelle action violente sur cet évenement

Les relations tumultueuses entre Christian Estrosi et le préfet des Alpes-Maritimes Adolphe Colrat ont connu un nouvel épisode hier. Le député-maire a vivement réagi après la révélation d’un possible attentat à l’explosif qui aurait été déjoué deux jours avant le dernier carnaval de Nice .

L’élu, qui a carrément employé l'expression « scandale d’Etat » au micro de BFM, s’en est en pris, une nouvelle fois, directement au représentant de l'Etat dans le département. « Le préfet ne m’a pas fait état d’un risque particulier lors du dernier carnaval, ce qui me paraît extrêmement grave. Cela témoigne une fois de plus de l’absence de considération du Préfet des Alpes-Maritimes à l’égard des élus locaux » a-t-il ajouté dans un communiqué.

"Préjudice à la ville"

Estimant que "ce défaut d’information a fait courir un risque et cause un préjudice à la ville", il a également annoncé hier qu’il allait engager auprès du tribunal administratif "des actions contre la préfecture (...) qui a méconnu volontairement la loi et ainsi fait peser un risque sur les Niçoises et les Niçois". 

Selon une note de la direction générale de la sécurité intérieure révélée par RTL, un homme revenu de Syrie aurait ciblé le carnaval de Nice en 2014. Son projet d’attentat à l’explosif était bien avancé assure la radio. Lors des perquisitions, les forces de l’ordre auraient retrouvé trois canettes remplies de TATP, un explosif artisanal capable de produire l'effet de plusieurs dizaines de grenades.

"Aucun lien avec le carnaval"

Dans un communiqué envoyé en fin de journée ce lundi, la préfecture des Alpes-Maritimes a confirmé l'arrestation "le 11 février à Mandelieu-La Napoule d'un individu, ainsi que la découverte de 3 engins explosifs de fabrication artisanale susceptibles de lui appartenir". Tout en précisant qu'à l'époque "aucun lien n'a été plus particulièrement établi avec le Carnaval de Nice".

Indiquant également "que seule l'autorité judiciaire serait habilitée à communiquer sur les suites de cette affaire" la préfecture relativise la polémique enclenchée par le maire : "le seul point important réside dans le fait que l'action des services de l'Etat a permis d'éviter, dans ce cas précis, tout passage à l'acte."

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