Un tétraplégique cloîtré chez lui depuis trois mois

Un tétraplégique cloîtré chez lui depuis trois mois

SOCIETE – Zig Blanquer est coincé depuis trois mois dans son appartement du quartier Mellinet, suite à la panne qu’a connu son fauteuil électrique… Depuis, sa réparation traîne en longueur.

Son nom apparaissait déjà au générique de Vos désirs , un documentaire sur la sexualité des personnes handicapées tiré de son propre récit . Depuis plus de cent jours, Zig Blanquer est enfermé dans son appartement du quartier Mellinet, à Nantes. Ce tétraplégique de 35 ans ne peut plus se déplacer, depuis la brusque panne de son fauteuil électrique survenue le 21 juin : le prestataire chargé de le réparer – qui a fait une première intervention trois semaines plus tard, avant de l’examiner sans succès dans ses ateliers – se propose de l’envoyer chez son distributeur, en région parisienne. Au risque d’immobiliser Zig encore plusieurs semaines, sans pour autant avoir la certitude de voir sa machine réparée... Une perspective insupportable pour le principal intéressé. Alors que le financement de l’achat d’un nouveau fauteuil lui nécessiterait "six mois" de préparatifs, celui-ci réclame donc, en attendant, un fauteuil de remplacement, comme l’impose la loi . Souci : ceux proposés par le prestataire ne sont pas du tout adaptés à son handicap... lui qui ne peut bouger que la tête, le pouce et l’index droits.

"Prison tout à fait confortable"

"C’est comme si vous vouliez sortir de chez vous, que votre serrure était bloquée et que votre serrurier vous disait qu’il ne pouvait rien faire, compare Zig Blanquer. Je suis enfermé dans une prison tout à fait confortable, mais j’ai perdu toute vie sociale." Consultant sur les questions de handicap, le trentenaire a ainsi dû annuler des rendez-vous médicaux, des projets personnels et les voyages qu’il avait prévus cet été. Le fait de rester dans son lit en permanence lui occasionne aussi des "douleurs physiques et psychologiques".

Collectif de soutien

Pour lui prêter main-forte, un "comité de soutien à l’autonomie technique des personnes handicapées" s’est formé autour de lui. "Il manque une information claire sur les droits des personnes handicapées", observe Anne-Lise Bully, membre de ce collectif d’une dizaine de personnes. "Dans le cas présent, on ne parle pas de matériel de confort ou de divertissement, mais bien de quelque chose qui est indispensable à la vie quotidienne des personnes handicapées." La jeune femme s’interroge aussi sur les moyens de contrôle des autorités sanitaires à l’encontre des prestataires de services chargés de leur maintenance, qu’elles ont pourtant "agréés".

Infos : comsa@riseup.net

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