Un volet de l’enquête sur la Bac Nord clôt par la justice

Un  volet de l’enquête sur la Bac Nord clôt par la justice

FAIT DIVERS - Un non-lieu a été rendu le 10 avril dans le cadre de l'enquête sur la mort, en 2008, d'un homme considéré comme un indicateur de la police.

Le soufflé retombe dans l’affaire de la Bac Nord. Outre l’enquête sur l’implication présumée de certains policiers dans des opérations de racket sur des dealers, un autre volet concernant la mort d’un indicateur vient de se refermer. Un non-lieu a en effet été rendu le 10 avril dans le cadre de l'enquête sur la mort, en 2008, Lyes Gouasmia a-t-on appris mercredi auprès du parquet d'Aix-en-Provence, confirmant une information de Médiapart.

Après un premier non-lieu, une information judiciaire avait été rouverte à Aix en août 2012 sur le meurtre de Lyes Gouasmia, tué par balle. Son corps avait été trouvé en septembre 2008 dans une voiture carbonisée à Vitrolles (Bouches-du-Rhône). La réouverture du dossier "sur éléments nouveaux" avait eu lieu à la faveur de "renseignements" transmis par l'IGPN au moment de l'enquête sur la brigade anti-criminalité (Bac) des quartiers nord de Marseille.

Soupçonnés d’avoir "balancé un indic’"

Au cours de la nouvelle enquête des témoignages avaient été recueillis par l'IGPN à propos de la mort de Lyes Gouasmia. Ils évoquaient "la divulgation hors du milieu policier de l'identité d'un informateur de la BAC Nord qui s'avèrerait être Lyes Gouasmia, ayant préalablement dénoncé l'auteur d'un incendie de bus très médiatisé (affaire Mama Galledou)", rapportait la note.

Ce document envisageait que cette divulgation soit le "fait d'éléments de la BAC nord auprès du milieu des dealers", mécontents de la protection dont bénéficiait l'indicateur auprès de certains de leurs collègues. Cette protection les empêchait de se livrer à leurs activités de racket. "Nous avons entendu toutes les personnes" et "vérifié très minutieusement" tous les éléments. "Rien n'a abouti, rien n'a été confirmé, on a fermé toutes les portes" (de l'enquête), a précisé le procureur de la république d’Aix-en-Provence Mme Dominique Moyal.

Le dossier s’effrite

Au total, deux anciens membres de la BAC Nord de Marseille avaient été entendus en décembre 2012 sous le régime de la garde à vue dans le cadre de cette enquête. Ils étaient sortis libre sans poursuite. Il n'y a eu ni mise en examen, ni témoin assisté dans l'affaire, a souligné la magistrate. La partie civile a fait appel du non-lieu, a également dit Mme Moyal.

"On se rend compte au fil du temps que tout se dégonfle et que les allégations qui ont été faites se retrouvent sans fondement. De manière plus générale, on pense que l'affaire dite de la BAC Nord prendra le même chemin", a réagi le délégué zonal d'Alliance David-Olivier Reverdy. Plus d'une vingtaine de policiers ont été sanctionnés, dont trois révoqués, dans l'affaire de la BAC Nord, qui a été dissoute après la mise au jour de dysfonctionements et des soupçons de vols et d'extorsion. Le volet judiciaire de l'affaire, distinct de celui concernant la mort de Lyes Gouasmia, reste en cours d'instruction à Marseille.
 

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