Une étude "unique en France" pour voir comment les étudiants se soignent

Une étude "unique en France" pour voir comment les étudiants se soignent

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SANTE - Outre des médecins, des sociologues et des géographes vont tenter d'établir un lien entre l'automédication et les origines socio-géographiques des patients

Elle porte le même nom, mais n’a rien à voir avec le fichier policier qui avait suscité la polémique en 2008. A Nantes, EDVIGE (Etude Descriptive sur le Vécu et l’Impact de la Grippe chez les Etudiants) veut d’abord voir comment les étudiants soignent leurs rhumes et autres grippes hivernales.

Une population choisie notamment pour des raisons… de promiscuité. "C’est un public jeune, qui prend souvent les transports en commun et traîne dans des amphithéâtres : il est donc assez simple de se passer une grippe de l’un à l’autre", sourit Laurent Brutus, médecin généraliste de 52 ans installé à Sallertaine (Vendée) et chargé de cours à la fac de médecine de Nantes, qui pilote l’étude EDVIGE.

Quelque 40 000 d’entre eux viennent ainsi de recevoir un courriel sur leur boîte universitaire, les invitant à remplir un formulaire en ligne (sexe, âge, profession des parents…). Chaque mois, et ce jusqu’en avril, ils seront invités à dire s’ils ont fait l’objet d’états grippaux, et si oui, de quelle manière ils en sont venus à bout (consultation d’un médecin, automédication…).

Automédication subie ou choisie ?

Mais la particularité de cette étude – "unique en son genre en France" d’après le CHU et l’université de Nantes – réside ailleurs : outre des médecins, elle va en effet associer des géographes et des sociologues pour établir un lien éventuel entre l’automédication, justement, et le milieu social et la zone géographique d’où l’on vient. En clair : a-t-on davantage tendance à se soigner sans médecin quand on habite à la campagne et/ou qu’on vient d’un milieu plutôt défavorisé ?

"Avec le déremboursement d’un nombre croissant de médicaments, le reste à charge est de plus en plus lourd pour le patient : on veut voir quelle est la part de l’automédication subie et de l’automédication choisie", explique Laurent Brutus. Un comportement qui pourrait avoir été accentué par le développement depuis 2008 des médicaments en libre accès sur le comptoir des pharmacies, et leur vente sur internet – autorisée depuis juillet 2013.

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