Une Nantaise, ancienne membre du FN, attaquée par Marion Maréchal-Le Pen

FRANCE
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JUSTICE – Oriane Borja, habitante de Thouaré avait révélé sur son compte Facebook que le père biologique de la députée FN du Vaucluse n’était pas Samuel Maréchal. Marion Maréchal l’assigne en justice pour violation de la vie privée.

Facebook est-il un média comme un autre ? Marion Maréchal Le Pen a-t-elle, en tant que personnage public, un plein droit au respect de sa vie privée ? Ce sont les questions sur lesquelles va devoir se prononcer le juge chargé de l’affaire qui oppose la jeune député Front national (FN) du Vaucluse à Oriane Borja. Marion Maréchal-Le Pen reproche en effet à cette juriste de formation, ancienne militante du FN et habitante de Thouaré-sur-Loire d’avoir révélé sur son compte Facebook qu'elle n’était pas la fille biologique de Samuel Maréchal, son père à l’état civil. Elle l’a assignée en justice pour violation de son droit au respect de sa vie privée.

L’audience a eu lieu ce mardi après-midi, au tribunal de Nantes, en huis-clos, à la demande de l’avocat du FN, Wallerand de Saint-Just qui demande au nom de  sa cliente la somme de  20 000 euros en dommages et intérêts. Loïc Rajalu, avocat d’Oriane Borja a lui axé sa défense sur la liberté d’expression.

Décision le 26 juin

Le statut qui a fait polémique, a été publié sur le réseau social par Oriane Borja il y a environ un an, à destination uniquement de ses amis. "Si nous étions il y a quelques années, l'atteinte à la vie privée n'aurait démontré son caractère public que s'il avait été fait par voie de presse", indique la jeune femme sur son blog . "Mais Facebook est considéré comme un potentiel média à présent". Elle estime également que "Marion [Maréchal-Le Pen] n'a pas du tout prouvé qu'il y avait une réelle atteinte, c'est-à-dire un préjudice dont elle a été victime" et évoque "un secret de polichinelle, que tout le monde connaissait  parmi les  cadres du Front national"

Elle estime enfin que la jurisprudence récente lui est "plutôt favorable". En effet, en décembre dernier, la cour d’appel de Paris a considéré que l'évocation dans un ouvrage de l’homosexualité de Steeve Briois, maire d’Hénin-Beaumont, était justifiée en raison de son "statut de personnalité politique de premier plan" et était "de nature à apporter une contribution à un débat d'intérêt général". L'affaire a été mise en délibéré, au 26 juin prochain.
 

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