Une prof en grève de la faim pour dénoncer sa mutation forcée

Une prof en grève de la faim pour dénoncer sa mutation forcée

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EDUCATION – Une enseignante du collège Bellefontaine est en grève de la faim depuis lundi matin. Par son action elle veut attirer les projecteurs sur la situation de son établissement en conflit avec le Rectorat depuis de nombreux mois.

Elle fait grève de la faim pour dénoncer sa mutation imposée par le Rectorat. Depuis lundi matin, Laure Betbeder, enseignante de SVT au collège de Bellefontaine, refuse de s'alimenter jusqu'à nouvel ordre.

Elle a planté sa table, son parasol et sa tente dans les jardins du Rectorat sous les fenêtres du bureau de la Rectrice. "Je ne pensais pas en arriver là, mais c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour me faire entendre", explique la prof en poste dans cet établissement situé en zone d'éducation prioritaire depuis deux ans.

"Une façon de casser le mouvement"

Comme cinq autres de ses collègues, Laure Betbeder a appris il y a quelques jours sa "mutation dans l'intérêt du service" – comme le précise le jargon administratif – dans un autre établissement de la région toulousaine. Alors qu'elle n'a rien demandé, elle est mutée dans un établissement à la discrétion de l'administration. "C'est une façon de casser le mouvement", lâche l'enseignante qui se dit sanctionnée pour ne pas avoir assisté aux conseils de classe du 1er trimestre "alors que j'étais en grève".

Trois semaines de grève en novembre

Une péripétie qui ponctue une année scolaire mouvementée : depuis le 27 novembre, le collège de ce quartier sensible de Toulouse cité régulièrement pour ses initiatives pédagogiques a connu une importante période de grogne de la part des professeurs. Avec comme principale revendication, l'absence de moyens supplémentaires pour expérimenter la réforme de l'éducation prioritaire qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2015/2016.

Cela s'est notamment ponctué par trois semaines de grève en novembre et un mouvement des parents qui ont barré l'entrée de l'établissement. "On demandait 50 heures de soutien par semaine pour les classes de sixième là où le Rectorat nous en proposait neuf", dénonce Laure Betbeder. Entourée par ses collègues, la jeune femme se dit prête à aller au bout de son action "tant que ses forces le lui permettront". Joint par téléphone, le Rectorat n'a pas communiqué sur ce dossier.

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