Une "sauvagerie inadmissible" : entre 4 et 12 ans de prison requis au procès de la mort de Clément Méric

PROCÈS - L’avocat général a réclamé des peines allant de quatre à douze ans de prison contre les anciens skinheads jugés pour les violences ayant entraîné la mort d'un jeune militant antifasciste, Clément Meric, à Paris en 2013. Le magistrat a dénoncé "la sauvagerie inadmissible" de ces "amateurs de discours de haine et de violence".

"Je soutiens que cet affrontement était évitable. Les accusés ont choisi de venir au-devant d'un adversaire désigné, en pleine foule et sur la voie publique". Au terme de deux semaines de débats, l’avocat général a requis ce jeudi matin des peines de quatre à douze ans de prison contre les trois skinheads poursuivis pour les violences ayant entraîné la mort de Clément Méric, en 2013, en plein Paris. La plus lourde peine concerne Esteban Morillo, qui a reconnu avoir frappé au visage le jeune militant antifasciste de 18 ans. Sept années de prison ont été réclamées contre Samuel Dufour, porteur de poing américain ou a minima de bagues,  "armes par destination". Enfin, une peine plus légère - quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis - a été requise, contre Alexandre Eyraud, arrivé plus tard lors de la bagarre. 


"Ce procès n’est et ne sera pas politique", a balayé d'emblée Rémi Crosson du Cormier durant son court réquisitoire. "Sachez bien, Messieurs, que vous n’êtes pas jugés parce que vous étiez skinheads, tatoués, militants mais pour les actes que vous avez commis", a-t-il lancé aux trois accusés. Le magistrat a d’abord évoqué le procès où "la douleur contrôlée d’un père et d’une mère" a fait "face aux piteuses dénégations d’un groupe". 

"Sauvagerie inadmissible"

Si pour l'avocat général, "il ne s’agit ni d’une bagarre soudaine pour un mauvais regard dans la rue, ni d’une rixe préméditée", "le groupe a été le moteur de la violence". "Qu'aurait été Morillo seul ? Rien. Qu'aurait été Dufour seul ? Rien. Qu'aurait été Eyraud seul ? Rien", a-t-il estimé en demandant aux jurés de retenir l'action collective. 


Clément Méric a "succombé autant à la haine qu’à la bêtise et à l’inconséquence". "Je suis allé hier soir après cette audience sur place, a expliqué Rémi Crosson du Cormier. Et devant l’immeuble, j’ai pu remarquer qu’il y avait une certaine distance entre le lieu de la vente et l’église où se trouvait le groupe de Clément Meric. On se rend compte qu’on peut tout à fait prendre l’autre chemin", a-t-il estimé. En d’autres termes, les skinheads pouvaient tourner à droite, comme conseillé par le vigile du showroom afin d'éviter l'autre groupe. Mais ils ont "choisi" d’aller à gauche vers un "adversaire désigné".


"Il y a chez les accusés une montée d’adrénaline, de testostérone, de fierté mal placée chez ces amateurs de discours de haine et de violence. Le mobile est ainsi établi", a-t-il asséné. Rémi Crosson du Cormier a conclu sur ces "sept secondes" de violences, "d’une sauvagerie inadmissible", comptant à voix haute chaque seconde dans une salle silencieuse. Sept secondes et "c’en est fini pour Clément Méric". Le verdict est attendu vendredi. 

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