Université de Nantes : la colère monte chez les étudiants

Université de Nantes : la colère monte chez les étudiants

DirectLCI
EDUCATION - Alors que l’Université de Nantes organise ses portes ouvertes ce week-end, les étudiants en sociologie sont mobilisés depuis une semaine, contre les conditions d’études. Ils cherchent à élargir le mouvement.

63 étudiants, dans un cours limité à 45. C’est la goutte d’eau qui, il y a 10 jours, a fait déborder le vase, chez les étudiants de sociologie à l’Université de Nantes. "On était trois ou quatre pour un ordinateur, et une professeur qui faisait des allers retours entre deux salles", raconte Julien Soubeste, en troisième année. Ça a été trop : "On a débrayé, fait tourner des appels sur les réseaux sociaux. Ça a été complètement spontané."

Une centaine d’étudiants se retrouvent dans un amphithéâtre, discutent. "On a mis à plat nos conditions d’études et nos revendications. On a décidé de se mobiliser, de continuer l’occupation, renforcer la mobilisation, investir l’espace public." Dès le lendemain, les cours se vident, les réunions se multiplient. "On s’organise et on réfléchit à des modes d’actions", explique Julien.

"Il y a vraiment un ras-le-bol"

En sociologie, les doléances sont nombreuses : surcharge d’effectifs, postes gelés, TD (travaux dirigés) supprimés… Des plaintes devenues récurrentes dans certaines filières de l’Université, qui présente depuis plusieurs années un budget déficitaire et cherche à rétablir l’équilibre financier d’ici 2 015 en pratiquant une politique d’austérité. "Il y a vraiment un ras-le-bol", estime Julien Soubeste. Face aux critiques, le président de l’UFR a avancé des solutions : remplacer les TD par des cours magistraux, utiliser le budget du prochain semestre. Impensable, pour les jeunes mobilisés : "C’est du bricolage, du court terme. On perd de la qualité pédagogique."

Pour autant, la mobilisation étudiante ne vise pas la Direction : "L’Université fait ce qu’elle peut. Nos professeurs partagent nos conditions. Mais on demande leur soutien." La cible de leurs critiques ? Les lois LRU et Fioraso, qui renforcent l’autonomie des établissements. "Leur contenu est très hermétique pour la plupart des étudiants. Mais elles sont la vraie cause de nos conditions de travail car elles ont fait diminuer les budgets accordés."

Le mouvement veut s’étendre. "On est 300 mobilisés. Mais cttee situation concernent aussi les étudiants en droit, sciences de l’éducation, infocom, histoire… ", constate Julien. Diverses actions sont menées depuis le début de la semaine : distribution de tracts, assemblée générale, sit-in, banderoles sur la présidence de l’Université, occupation d’un amphi dans la nuit de mercredi… Julien est confiant pour la suite : "Il y a une vraiment une étincelle. Il se passe quelque chose."

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter