Vague bleue dans l’Ouest : Auxiette appelle à des "changements immédiats"

Vague bleue dans l’Ouest : Auxiette appelle à des "changements immédiats"

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MUNICIPALES – Après le basculement à gauche de laval, Angers, ou La Roche-sur-Yon, les élus de gauche accusent le coup. Le président PS de Région Jacques Auxiette appelle ainsi à "des changements d’ampleur et immédiats à Paris".

La vague bleue a sévi dans l’Ouest : Laval, Angers ou La Roche-sur-Yon… Les grandes villes des Pays de la Loire ont basculé à droite. La perte de ces bastions tenus par la gauche provoque des réactions chez les élus. Détail.

Les défaites du PS dans l'Ouest

Dans le Maine-et-Loire le candidat UMP Christophe Béchu a mis fin dimanche à 37 ans de règne du Parti socialiste à Angers, en s'imposant face au maire sortant PS Frédéric Béatse (54,36% des voix contre 45,64%). La Roche-sur-Yon, conquise elle aussi par la gauche en 1977, n'a pas résisté non plus : l'UMP Luc Bouard a battu le maire socialiste sortant Pierre Regnault avec 53,90% contre 46,10% des suffrages. En Vendée, département dévolu à la droite, Fontenay-le-Comte, la seule autre grande ville qui résistait à gauche, est aussi tombée. En Mayenne, la ville de Laval, que le ministre de l'Agroalimentaire Guillaume Garot avait ravie en 2008 à la droite, a échappé aux socialistes avec la victoire de la liste d'union de la droite menée par le sénateur François Zocchetto (UDI).

C'est en Loire-Atlantique et, dans une moindre mesure, dans la Sarthe que les socialistes ont le mieux résisté. A Saint-Nazaire, où se jouait la succession de Joël Batteux, maire PS depuis 1983 qui ne se représentait pas, c'est le socialiste David Samzun, qui menait une liste d'union de la gauche, qui l'a emporté avec 53,44% des suffrages contre 33,03% à son challenger UMP Ludovic Le Merrer. A noter, la percée du Front National, avec 13,53% des suffrages. Enfin, au Mans la liste du maire socialiste sortant Jean-Claude Boulard, élu au premier tour en 2008, a remporté de peu le second tour dimanche soir avec 45,74% des voix face à la candidate UMP Christelle Morançais (42,71%) dans une triangulaire où le FN a obtenu 11,55%.

Les réactions en Pays de la Loire

Pour Jacques Auxiette (PS), qui avait cédé en 2004 le siège de maire qu'il occupait depuis 1977 pour prendre la tête de la région Pays de la Loire, "la perte de La Roche-sur-Yon, de Laval et d'Angers est un choc" et lui "inspire une profonde tristesse". Pour lui, "ces résultats appellent des changements d'ampleur et immédiats à Paris" : "La qualité des politiques et des projets de nos maires et de nos équipes n’a pas pesé lourd face à un mécontentement national préoccupant. La voix des électeurs, qui attendent un changement plus fort, perceptible dans leur vie quotidienne, pour l’emploi et le pouvoir d’achat, qui veulent plus de cohérence et moins de confusion, doit être entendue et vite. La reconquête de l'opinion doit commencer au plus vite. Elle passe par de vrais changements."

De son côté, le vice-président de la Région Christophe Clergeau s’est exprimé sur twitter : "C’est une soirée très difficile pour la gauche. C’est un gaspillage terrible. Il faut changer de pratique politique et entendre la colère des électeurs. Il y a un enjeu majeur de reconstruction de la gauche en pays de la Loire. J'ai vu durant cette campagne des élus et des militants déterminés au service de leurs villes. Ils sont balayés par une vague qui les dépasse."

Les réactions en Loire-Atlantique

Philippe Grosvalet, président du Département, estime lui que si "la Loire-Atlantique résiste mieux que beaucoup de départements", la "défaite de la gauche est incontestable au niveau national" : "Nous devons regarder la défaite en face : la gauche a perdu des villes conquises en 2008, malgré souvent de bons bilans locaux. C’est le cas par exemple à Clisson où l’équipe sortante a pourtant métamorphosé la ville. Ailleurs, les divisions ont parfois été dévastatrices, notamment à Sainte-Luce-sur-Loire, Donges, Thouaré-sur-Loire et Le Pellerin… Les électeurs ne veulent pas d’une gauche divisée."

Pour François Pinte, président de l’UMP de Loire-Atlantique, "ces résultats sont une grande victoire pour la droite en Loire Atlantique et vont peser dans les désignations au sein des prochaines intercommunalités, intercommunalités dont on connaît le poids dans la gestion des territoires. C’est un avertissement sévère pour François Hollande qui doit en tirer immédiatement les conséquences."
 

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