Var : "Si j’étais resté dans mon garage, je serais mort"

Var : "Si j’étais resté dans mon garage, je serais mort"

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INTEMPERIES – C’est l’une des communes les plus touchées par les graves inondations du week-end dans le Var : La Londe-les-Maures. Une ville sinistrée où près de 500 foyers ont été impactés par la crue du Pansard. Reportage.

La Londe-les-Maures a des allures lundi matin de village martyr. Le stade de rugby à l’entrée de la ville n’est plus qu’un vaste champ de boue. Partout dans les rues, les ruelles, les détritus jonchent le sol témoignant de la violence du torrent qui s’est déversé dimanche matin. "J’étais au téléphone avec un ami qui me demandait des nouvelles témoigne Julien. Je lui disais que la situation était calme et d’un seul coup, j’ai vu cette vague de 40 cm venue de la rivière un peu plus haut, je me suis aussitôt précipité dans la maison. Ça a duré près de 15 minutes. Ça a été très long", dit-il encore sous le choc.

"Si j’étais resté dans mon garage, je serais mort", assure de son côté Michel en face d’une voiture encastrée sur le toit d’une autre. "La mienne ? Elle est partie à la mer", dit-il avec un brin de sourire comme pour évacuer l’horreur vécue dimanche matin. "Honnêtement, je n’ai jamais vu ça poursuit-il. La boue, les inondations, c’est une chose, mais quand vous voyez un torrent traverser le jardin, vous êtes terrifiés."

Des dégâts impressionnants

Passé le choc du torrent dans les rues, les habitants ont dès dimanche soir commencé à constater les dégâts. Comme pour mieux nous rendre compte de la hauteur de l’eau entrée dans son habitation, Daniel nous montre la trace de l’eau sur leur mur d’entrée. "Regardez, ça m’arrive jusqu’à la poitrine", indique-t-il. A l’arrière de sa maison, la scène est encore plus choquante. Un pan de mur entier de plus de 5 mètres s’est effondré sous la pression du torrent.

Une fois l’eau évacuée dans la rivière en contrebas, reste la boue. Encore et toujours. "Plus on en enlève, plus ça revient", s’agace Julie venue prêter main-forte à Daniel pour tout nettoyer. Seul moyen pour tout enlever : les pelles, les râteaux et les brouettes. Des moyens dérisoires, "mais que peut-on faire d’autres ?" indique Julie attendant avec impatience l’aide des pompiers pour passer un coup de jet sur les meubles et les dalles.

Difficile encore pour les habitants d’estimer l’ensemble des dégâts. "Je verrai avec l’assurance dans la semaine, mais pour l’instant l’urgence, c’est de retrouver un semblant de vie normale", confie Eric presque mécaniquement avant de marquer une pause. "C’est 25 ans de ma vie qui est foutu en l’air", lâche-t-il soudainement en sanglot. "On fera tout pour vous aider", est venu dire lundi matin le matin de la Londe-les-Maures. Une commune qui risque de garder longtemps les stigmates du torrent de boue de dimanche matin. 

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