Vaucluse: un ancien responsable de mosquée condamné pour proxénétisme

Vaucluse: un ancien responsable de mosquée condamné pour proxénétisme

France
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JUSTICE - L'ancien responsable d'une mosquée d'Orange (Vaucluse) a été condamné jeudi à six ans de prison pour proxénétisme aggravé. Il était accusé d'avoir organisé, entre 2007 et 2009, une filière d'immigration clandestine et de prostitution depuis le Maroc.

C'est un dossier avec “beaucoup de pressions, de violences, de menaces de représailles et d’intimidations” que vient de boucler Michel Célarès, le président du tribunal correctionnel de Carpentras (Vaucluse). Jeudi, il a condamné Abdelslam Bahiad, l’ex-président de l’association chargée de la gestion d’une mosquée à Orange, à six ans de prison pour proxénétisme aggravé. Une peine assortie d’une interdiction de séjour pendant cinq ans dans le Vaucluse, le Gard et les Bouches-du-Rhône.

Ses trois fils, Omar, Niki et Abdelghafour, âgés de 30 à 37 ans, qui avaient participé à l'organisation de ce réseau de prostitution ont écopé de peines de prison de deux et trois ans avec confiscation de leurs avoirs bancaires. 

La personnalité du père au cœur du procès

Entre 2007 et 2009, les quatre hommes ont organisé la venue à Orange de jeunes clandestines marocaines pour les installer dans les nombreux appartements, souvent insalubres, que possédait le père et les contraindre à se livrer à la prostitution. Une femme de 47 ans a écopé de quatre ans de prison, dont deux avec sursis, pour avoir transporté des filles depuis le Maroc dans le coffre d’une voiture ou avec un passeport falsifié.

Durant les audiences, les débats se sont concentrés autour de la personnalité du père. Pour la procureure Maryse Phaure,“le patriarche [est] celui qui est à l’origine de toutes ces misères. Le cerveau, c’est le père, la tête pensante, la mise en place de l’organisation, c’est Abdelghafour et les bras armés, c’est les deux derrière (Niki et Omar, NDLR). Quand on n’obéit pas, on cogne !” Elle avait requis deux ans de prison contre lui.

Dans sa plaidoirie, l'avocat de la famille Bahiad a quant à lui dénoncé “les manœuvres, les manipulations et le scandale” des auditions menées dans le but d'accabler le clan. Les prévenus avaient dénoncé au moment de leur mise en examen en juin 2009 “un coup monté” fomenté par des policiers d’Orange. Une enquête de l’Inspection générale de la police nationale a conduit à un non-lieu.

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