VIDEO - "Je suis désolé, votre fille est décédée" : le témoignage choc de gendarmes dans un nouveau clip de la Sécurité routière

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LE POIDS DES MOTS - Le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux, a dévoilé ce lundi la nouvelle campagne de la Sécurité routière. Cette fois pas d'images chocs mais des témoignages très forts. Ceux de gendarmes chargés d'annoncer la mort d'un proche dans un accident de la route.

Fini les images de tôles froissées et de sang sur le bitume. La parole peut-être parfois plus violente. Dans sa nouvelle campagne de prévention, la Sécurité routière s'attache cette fois aux témoignages des gendarmes chargés d'annoncer aux familles la mort d'un proche dans un accident de la route. Ce spot de 5 minutes, baptisé "L'annonce" a été confié à Jean-Xavier de Lestrade (réalisateur de documentaires, primé aux Oscars en 2002 pour "Un coupable idéal"). Il sera diffusé dès le mercredi 15 février dans 974 salles de cinéma et à la télévision. 


C'est la première fois en France que ce moment précis, particulièrement douloureux, est mis en scène. "A cet instant, même si dehors il fait un soleil extrême, il fait tout noir, ça s'arrête. Tout s'arrête", raconte dans le film un des quatre gendarmes 

d'Ile-de-France qui a accepté de témoigner devant la caméra. 

On se souvient de chaque annonceMajor Yannick Turmel, gendarmerie de l'Essonne

"On n'en parle pas, ça fait partie du métier. Mais on se souvient de chaque annonce", raconte le major Yannick Turmel de la brigade de gendarmerie de l'Essonne, lors d'une présentation du court-métrage ce lundi à Paris. Des agents qui doivent souvent faire face au déni des familles :  "Ce n’est pas possible, vous vous trompez. Vous n’êtes pas au bon endroit. Dans la nuit, mon fils m’a envoyé un SMS. Tout allait bien." "


"Il n'y a pas de formation pour ça. Dans ces moments-là, on essaie juste d'être le plus humain possible", dit à son tour Stéphane Devroe de la brigade de gendarmerie motorisée de Provins, en Seine-et-Marne. Volontairement "abrupt", ce court-métrage "a pour ambition de faire comprendre que les protagonistes ne sont pas seulement ceux qui sont dans la voiture", a rappelé le délégué général à la sécurité routière Emmanuel Barbe. Ainsi une enquête de l'IFOP datant de 2015 montre que près de la moitié des Français connaît un proche touché par un accident de la route.


Une prise de conscience nécessaire alors qu'en 2016, le nombre de morts sur les routes a été en légère hausse (+0,2%, 

3.469 décès) pour la troisième année consécutive d'augmentation, une première depuis 1972.

En vidéo

Pourquoi la mortalité sur les routes augmente

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