VIDÉO - Notre-Dame-des-Landes, migrants : manifestation sous tension contre (et avant ?) les expulsions

HEURTS - Un millier de personnes, dont des migrants et occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, ont défilé ce samedi après-midi dans le centre de Nantes alors que la trêve hivernale touche à sa fin et que les zadistes peuvent donc être expulsés à partir du 1er avril. Un cortège émaillé d'incidents.

"Expulsions : non. Réquisitions : oui", "Soutenir les exilés, Expulser Johanna",  comme Johanna Rolland, la maire PS de la ville. Voilà ce qu'on pouvait lire sur les deux banderoles qui ont ouvert la manifestation organisée ce samedi après-midi à Nantes contre "toutes les expulsions", alors que prend la trêve hivernale ce 31 mars, ce qui permet donc aux autorités d'expulser les zadistes. Dans le cortège, qui s'est élancé à 14h, figuraient des migrants et des occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Mais peu de pancartes faisaient référence précisément aux occupants de la ZAD, selon l'AFP qui a décompté plus de 1000 participants contre 900 pour la police. 

Le rassemblement était organisé à l'appel unitaire d'associations, dont Droit au logement, de collectifs de soutien aux migrants, de syndicalistes, d'étudiants et d'occupants de la ZAD, qui exigent l'arrêt des expulsions sans solution de relogement. "C'est une manifestation dissuasive. Si des expulsions ont lieu, à Nantes et sur la ZAD, il y aura des réponses collectives, des manifestations de rue, des réoccupations et des reconstructions", a déclaré à l'AFP un "zadiste" se faisant appeler "Basile". 

Tirs de projectiles contre lance à eau

Le défilé a été émaillé de heurts quand des manifestants ont tenté de traverser le cordon policier pour rejoindre une ancienne maison de retraite, réquisitionnée le 8 mars et occupée depuis par près de 200 migrants. Les policiers ont fait usage de grenades lacrymogènes pour les repousser, ont arraché les banderoles et un gigantesque pied de biche en papier mâché. Plus tôt, c'est devant la préfecture que manifestants et policiers anti-émeute se sont affrontés, tirs de projectiles contre lance à eau.

En vidéo

Les "Camille" sont prêts à tout contre les expulsions sur la ZAD

"Le cortège est empêché d'aller jusqu'à l'Ehpad (maison de retraite, NDLR) occupé, c'est absolument scandaleux", a déploré un des organisateurs. La maire de Nantes a annoncé vendredi qu'elle avait eu l'accord de la préfecture pour transformer à partir de la mi-avril cette ex-maison de retraite en centre d'hébergement d'urgence provisoire de 100 places. "Un effet d'annonce avant la manifestation pour calmer le jeu", a estimé Rachel, une militante du DAL. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Notre-Dame-des-Landes : après l'abandon et l'évacuation, le dépôt des dossiers

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter