VIDÉO - Sarah, l'une des dernières rescapées du Vel d'Hiv' raconte sa journée de terreur, le 16 juillet 1942

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TÉMOIGNAGE - Âgée de 14 ans le 16 juillet 1942 au moment de la rafle du Vél d’Hiv, Sarah Montard-Lichtsztejn a raconté à LCI la journée de terreur qu’elle a vécue et la façon dont elle est parvenue à s’échapper.

Il est 6 heures du matin, ce jeudi 16 juillet 1942, quand l’horreur s’enclenche. Sarah Montard-Lichtszejn, jeune adolescente de 14 ans, est raflée avec sa mère dans son appartement de la rue des Pyrénées, à Paris, dans le quartier de Belleville. "Ma mère m’avait dit que ce n’était pas possible", se souvient-elle. "Qu’arrêter des femmes et des enfants en France, ça ne s’était jamais vu". Elle est pourtant placée dans un autobus, direction le Vélodrome d’hiver. Une "journée de terreur", raconte Sarah."Mon enfance s’est arrêtée là".


Du vélodrome, Sarah se souvient d’abord de la lumière bleue filtrée par la grande verrière du bâtiment. "Les gens ressemblaient à des petits fantômes verts", décrit-elle. "J’ai souvent fait des cauchemars après, de ces petits fantômes verts du Vél d’Hiv". Sa mémoire lui rappelle aussi le brouhaha du lieu, et surtout sa puanteur, faute de toilettes utilisables, obligeant les gens à faire leurs besoins "un peu partout".

Ma mère a senti que quelque chose de mauvais allait se passerSarah Montard-Lichtszejn

La journée passe, sans boire ni manger, avec seulement un peu de lait distribué aux enfants pars des infirmières de la Croix-Rouge. "A 16 heures, on a vu arriver des fauteuils roulants avec des gens amputés, des civières avec des gens qui allaient mourir. […] Ma mère a senti que quelque chose de mauvais aller se passer", raconte Sarah. Elle lui donne alors sa carte d’alimentation (nécessaire pour manger à cette époque) et une petite somme d’argent. "Elle m’a dit : "tu te sauves la première et quand je t’aurais vue te sauver, je me sauverai aussi"".

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J’ai essayé de ne pas courir, car je savais qu’on me rattraperait ou qu’on me tirerait dessusSarah Montard-Lichtszejn

Malgré le manque d’assurance de sa jeunesse, Sarah se glisse derrière un policier, avant de rejoindre en marche arrière un groupe de badauds, venu observer de l’extérieur le triste spectacle. "Un policier m’a vue et m’a demandé ce que je voulais. J’ai dit que je venais voir quelqu’un et il m’a dit : "foutez-moi le camp, vous reviendrez demain"".

"J’ai essayé de ne pas courir, car je savais qu’on me rattraperait ou qu’on me tirerait dessus. J’ai traversé la rue en passant devant deux policiers, qui ne m’ont pas demandé mes papiers. J’avais dans les bras un manteau avec l’étoile jaune. Ils savaient que je sortais du Vél d’Hiv mais ils m’ont laissé passer", décrit Sarah. "Je dois la vie à ces policiers".

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