Violences à Nantes : "Les casseurs étaient très organisés, rien n’a été fait par hasard"

Violences à Nantes : "Les casseurs étaient très organisés, rien n’a été fait par hasard"

France
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POLEMIQUE – Le président de la Chambre de commerce Nantes-Atlantique estime qu’une vingtaine de commerces ont été dégradés. De leur côté, les opposants s’interrogent sur la manière dont les forces de l’ordre ont agi.

Qui est responsable ? Depuis dimanche, organisateurs, politiques et préfets se renvoient la balle, après les violences survenues à Nantes samedi dans le cadre de la manifestation anti-Notre-Dame-des-Landes.

D’après Jean-François Gendron, président de la Chambre de commerce Nantes-Saint-Nazaire, "nous savons que les casseurs étaient très organisés. Ils avaient un camp retranché à l’arrière du front, avec des bouteilles pour reprendre de l’air, des armes et des vêtements de rechange", explique-t-il. "Un certain nombre de manifestants ont fait en sorte de se regrouper pour empêcher les forces de l’ordre d’intervenir, permettant aux casseurs de faire leur travail. Ils avaient des consignes, rien n’a été fait par hasard."

Alors que le réseau de transport nantais Tan estime le montant des dégâts entre "300 000 et
500 000 euros", l’heure est aussi à l’évaluation chez les commerçants. D’après les premiers constats, environ 15 à 20 établissements ont été attaqués, avec des dégradations allant du tag au saccage. Les cibles ont été choisies : biens publics, banques, agences de voyage. "On est en train de faire l’état des lieux. De concert avec la Ville, nous allons ensuite voir quelles actions prendre contre les organisateurs de ces manifestations", explique Jean-François Gendron. Il appelle déjà, au côté des pro-aéroport, à évacuer la Zad "dès que possible", afin que le premier coup de pioche soit donné "avant le printemps".

"L'Etat veut discréditer notre combat avec des images de guérilla urbaine"

Mais côté opposants, la posture reste de refuser de dénoncer les violences survenues samedi . Françoise Verchère, conseillère générale de Loire-Atlantique, a ainsi envoyé ce lundi une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur Manuel Valls. Elle l’accuse de vouloir "discréditer notre combat, et tenter de retourner l’opinion publique qui nous est aujourd’hui favorable", en faisant appel à la "peur du désordre". "Je m’étonne que les forces de l’ordre n’aient pas été au fond plus efficaces vis-à-vis des casseurs, que les services connaissaient visiblement bien", écrit-elle. "Puisque l’on sait désormais interdire un spectacle avant même qu’il n’ait lieu, pourquoi ne les avez-vous pas fait arrêter avant leur arrivée ? Mais peut-être préfériez-vous les arrêter en flagrant délit ? Est-ce pour cela que vous n’avez pas fait protéger l’agence Vinci, pas plus que leurs engins de chantier, dont vous saviez qu’ils seraient forcément des cibles ? Est-ce pour cela que les échauffourées localisées dans un périmètre pourtant restreint ont duré plusieurs heures ? Et au bout du compte combien y a-t-il eu d’interpellations ? Une douzaine seulement…C’est assez curieux et à vrai dire difficilement compréhensible alors que les moyens déployés étaient impressionnants."

Pour elle, ces images de "guérilla urbaines", ont été voulues, pour "justifier ainsi une nouvelle opération policière pour aller enfin nettoyer la ZAD de ses "délinquants dangereux", en même temps que de ses tritons et de ses paysans". Elle rapport enfin que les organisateurs ont été "choqués" par les propos du préfet de Loire-Atlantique, "qui n’a pas hésité à affirmer que nous, opposants historiques, devions cesser d’être la vitrine légale d’un mouvement armé."
 

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