Xavier Garcia : "S'unir pour la survie de la gauche dans les Alpes-Maritimes"

FRANCE

INTERVIEW – Xavier Garcia, premier secrétaire fédéral du Parti socialiste des Alpes-Maritimes, a été réélu ce jeudi pour une durée de deux ans et demi.

Avec 62,57% des suffrages, Xavier Garcia s’est vu de nouveau confier les clés du PS dans les Alpes-Maritimes jusqu’à l’automne 2017 par les militants. Il a devancé Yann Librati (27,79%), qui représentait les frondeurs, et Michel Ghertman (9,64%).

Quels sentiments vous animent après votre réélection ?
Je suis heureux et fier. Quand on fait partie d’une organisation depuis plus de quinze ans, avoir la confiance des militants fait particulièrement plaisir. Mais je ne me trompe pas d’enjeu. Ma mission, c’est  lutter contre la droite et préparer le parti aux futures échéances, notamment les élections départementales de 2020. Il faut former la génération qui arrive et surtout structurer le parti.

Vous n’étiez en poste que depuis six mois, à la suite de la démission de Patrick Allemand. Cette victoire est-elle celle dont vous aviez besoin pour asseoir votre légitimité ?
Oui, cette élection renforce ma légitimité, si besoin en était… car en décembre, les militants avaient déjà voté pour moi. En plus cette année, c’était une triangulaire. J’ai gagné 14 points sur ma motion par rapport au vote d’il y a deux semaines. J’ai la faiblesse de penser que mes collègues estiment que j’ai bien travaillé pendant six mois, notamment sur ce que j’ai fait pour l’union de la gauche, au moment où on a besoin d’apaisement.

"Les composantes de la gauche doivent se réunir"

En quoi va consister votre action sur les deux ans et demi ?
J’ai deux priorités : implanter le parti sur tout le territoire, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, notamment dans l’ouest du département et dans le haut et moyen pays. Je souhaite également unir la gauche.

Justement, l’union de la gauche passe par des alliances avec le PCF et le PRG…
Je pense qu’il est vital que toutes les composantes de la gauche se réunissent. C’est ce que nous avons fait avec le parti radical de gauche aux dernières élections départementales. Je n’ai pas renoncé à un rapprochement avec le parti communiste. J’ai de bonnes relations personnelles avec eux, mais politiquement, ils sont fermés. Nous n’avons pas d’autre choix que de s’unir.

"Christophe Castaner a le profil pour battre Marion Maréchal-Le Pen"

Pour quelles raisons ?
Nous ne sommes pas assez forts contre une droite hégémonique et un Front national plus fort qu’ailleurs. Il faut regarder la vérité en face. Ceux qui ne comprendront pas cela nourriront la fatalité qui peut toucher certains électeurs de gauche à l’approche des élections. Je ne suis pas là pour regarder le FN et l’UMP (ndlr : désormais Les républicains) truster tous les deuxièmes tours… Je suis déterminé à changer les choses.

Christophe Castaner est le candidat du PS pour les élections régionales. Il semble souffrir d’un déficit d’image qui pourrait lui être fatal au moment du scrutin de décembre…
J’ai rencontré Christophe tout à l’heure. J’ai une grande confiance en lui, et ce n’est pas de la langue de bois. Je trouve qu’il apporte une nouveauté. C’est vrai qu’il affiche un déficit de notoriété, mais ce n’est pas important. Prenez les dernières élections législatives à Hénin-Beaumont. Un candidat, presque inconnu du nom de Philippe Kemmel était opposé à Marine Le Pen et à Jean-Luc Mélenchon. C’est lui qui est entré à l’Assemblée Nationale. Christophe Castaner a le profil pour battre Marion Maréchal-Le Pen et Christian Estrosi. Politiquement, il est très au-dessus d’eux.

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