En Russie, Greenpeace imagine le futur d'une terre qui vieillit mal, en mode FaceApp

En mode FaceApp, Greenpeace imagine la Russie dans 50 ans
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PROJECTION - Après FaceApp, qui imagine votre visage à 80 ans, voici EarthApp, qui dessine la terre telle qu'elle pourrait être après cinquante ans de réchauffement climatique. EarthApp, pas vraiment une appli mais une campagne de Greenpeace Russie qui fait mouche sur Instagram.

L'Arctique sans glaciers, les ours blancs disparus, toutes ces images on les a déjà en tête quand on imagine une terre qui continuerait de se réchauffer. Pour frapper plus fort, les militants de Greenpeace en Russie ont voulu trouver des images plus proches, des projections de lieux plus familiers, surfant au passage sur le buzz de l'appli FaceApp, celle qui prédit votre vieillissement à vous.

Le résultat, c'est EarthApp, pas vraiment une application, mais une série d'images, qui partent du réel pour arriver à une projection destinée à frapper les esprits, un jeu d'avant-après que les militants viennent de dérouler, sur leur compte Instagram.

De quoi détailler une sorte d'anti-guide touristique, d'endroits sinistrés, d'une Russie qui aurait d'ici 2070 perdu certains de ses joyaux naturels, et nombre de ses lieux emblématiques, comme dans cette Saint-Pétersbourg submergée par la montée des eaux. Ici, contrairement à FaceApp, pas d'intelligence artificielle, mais des clichés bien réels, et des projections de spécialistes environnementaux. Pour produire ses images, Greenpeace s'est alliée à Isobar, une agence de pub dont les graphistes ont produit chaque cliché.

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Le point de convergence de toutes ces images, c'est le réchauffement climatique et ses effets potentiels. Difficile de faire réagir l'opinion face à une aggravation à la fois graduelle et erratique : ce que Greenpeace a voulu montrer, c'est ce qu'il faut éviter. Comme l'explique Polina Karkina, porte-parole de Greenpeace Russie, "Le climat (...) devient hostile pour nous et toutes les autres formes de vie autour. Il faut passer le mot : l’humanité est au bord de la catastrophe. Il s’agirait d’arrêter de faire comme s’il n’y avait pas de lendemain."

Ces lendemains qui déchantent, on les retrouve dans cette image de Sotchi, la station de ski qui cinquante ans après les J.O. d'hiver pourraient avoir perdu toute sa neige. Plus frappant encore, cette image d'un centre-ville de Moscou ultra-moderne, mais privé de la Moskova, cette rivière tant consubstantielle de la ville qu'elle lui a donné son nom.

Le plus frappant, c'est qu'aucun des exemples choisis par les militants de Greenpeace n'est vraiment de la science-fiction, ils rejoignent des projections déjà établies sur l'évolution des températures moyennes en Russie. Une étude récente établit ainsi que les températures maximales au plus chaud de l'année à Moscou pourraient grimper de 5,5 degrés d'ici à 2050. Pour Greenpeace, rien de moins qu'un état d'urgence climatique ne suffirait à infléchir les choses, dans un pays dont l'électricité est produite à plus de 85% par des énergies fossiles.

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