A la découverte de la Blockchain, une technologie utile à tous

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INNOVATION - D’ici 10 ans, vous n’aurez peut-être plus besoin d’Uber, Airbnb, Le Bon Coin ou Vinted. Les transactions et les informations entre usagers seront peut-être devenues transparentes, fluides et sans risque grâce à la Blockchain. Une technologie innovante qui s’impose un peu plus chaque jour.

La Blockchain a déjà 10 ans. En quelques années, elle est passée du buzz à la pratique et fait aujourd’hui ses preuves en mettant l’usager au cœur des décisions. La promesse est simple, plus besoin de tiers de confiance, ni de pouvoir centralisé, tous les utilisateurs ont accès à la même information en toute transparence. Une information fiable, car elle est traçable, non modifiable et détenue par tous les membres de la chaîne. « Historiquement, la Blockchain est un moyen technique créé autour des bitcoins et née dans un rapport de défiance au monde financier pendant la crise des subprimes aux Etats-Unis en 2007/2008 » rappelle Frédéric Bellaiche, directeur technique advisory et innovation d’Econocom. « Blockchain est un mot qui peut faire peur, car il y a beaucoup d’incompréhension autour de cette technologie. Comme pour le Cloud à ses débuts, on utilise déjà cette technologie sans le savoir, mais le concept est parfois galvaudé comme pour l’IA. »

Pour cet expert de l’innovation, la Blockchain est basée sur deux grandes idées. Tout d’abord, créer un registre transparent des transactions qui ne soit pas centralisé. C’est-à-dire un grand livre de comptes dont tous les membres du réseau ont une copie et dont l’historique ne peut pas être modifié. La seconde idée est d’établir un consensus qui permet d’établir que ce qui est écrit est exact. « Comme dans un jeu, il y a des règles, un mécanisme avec une preuve de travail où cela coûterait moins cher de dire la vérité que de ‘bidouiller’ la chaîne ». En effet, lors d’une transaction, tous les membres du réseau ont une visibilité et un équilibre de consensus se crée. Tout est transparent et indélébile, tout laisse une trace. « La règle du jeu, c’est la preuve de travail, un calcul fort à effectuer (« miner » dans le jargon). Plus la chaîne est longue plus elle est difficile à réécrire pour un pirate. Les moyens nécessaires pour pirater la Blockchain seraient plus coûteux que les gains. Un peu comme si braquer une banque était plus cher que la valeur de ce qui est dans les coffres », précise Frédéric Bellaiche. 

Blockhain, de la théorie à la pratique

La Blockchain est une innovation de rupture estime Frédéric Bellaiche. « Ce n’est pas un changement juste marketing, c’est une innovation technologique et organisationnelle. Potentiellement ‘disruptrice’ car elle peut toucher beaucoup de métiers. Il y a beaucoup d’usages pratiques, par exemple pour les consommateurs soucieux de la traçabilité de ce qu’ils achètent. Ils voient tout ce qui s’est passé dans la vie d’un produit ». En Afrique et Asie par exemple, l’ONG Agunity utilise la Blockchain, via la technologie Agriledger, pour créer un cercle de confiance pour les coopératives de petits agriculteurs. Ils encouragent une économie vertueuse grâce à des applications mobiles distribuées, basées sur cette technologie. « Il faut aujourd’hui des acteurs comme Econocom pour déployer des applications ou contrats utilisant la Blockchain », souligne Frédéric Bellaiche. « Les applications sont nombreuses ; vous pourriez par exemple faire facilement l’état des lieux d’un logement avec des photos enregistrées dans une base fonctionnant en Blockchain. Il y a beaucoup de « Proof of Concept » (le pilote), maintenant, il faut passer au « Proof of Business » (l‘usage commercial). Montrer que ça marche, que c’est viable et que c’est un vrai service en passant à grande échelle. Chez Econocom on accompagne les clients pour passer du PoC au PoB et gérer les ruptures technologiques et les transformations culturelles ainsi que les usages grâce à la technologie. »

Econocom s’est par exemple rapproché du projet Multiven, mené par un ancien Leader Technique de Cisco, pour créer une place de marché pour le matériel informatique et la rétrocession de licences informatiques. La Blockchain permettrait ici de prouver que les licences ont déjà été payées et peuvent être rétrocédées. D’autres grandes enseignes comme Carrefour proposent déjà des usages basés sur la Blockchain à leurs clients. Le distributeur s’est associé à Nestlé pour permettre au consommateur d'obtenir via son smartphone le chemin parcouru de la pomme de terre jusqu’à l’assiette de purée Mousline en passant par le contrôle qualité ou le stockage. Les deux enseignes veulent ainsi restaurer la confiance entre consommateurs et grandes marques en mettant en avant la traçabilité des produits. 

Uberisons Uber

« La Blockchain permettrait donc d’uberiser Uber en remettant en question les modèles économiques de plateforme avec un point central. Les conducteurs pourraient par exemple créer un groupement libre basé sur la Blockchain où les usagers commanderaient et paieraient sans intermédiaire », imagine Frédéric Bellaiche. « C’est une technologie qui évolue, les usagers vont comprendre les applications dans la vie réelle, cela permet d’établir une relation de confiance plus facilement grâce au réseau. Tout le monde pourrait créer son service Uber, mais sans les défauts de la plateforme. Des réseaux qui ressembleraient au site Gens de Confiance, mais avec la garantie que tout est exact. » 

Les investissements dans la blockchain devraient atteindre 10 milliards d'euros d'ici à 2022 (rapport IDC 2018). En seulement 10 ans, cette technologie innovante, basée sur la transparence, permet aujourd’hui de redéfinir les rôles de chacun en rendant le pouvoir aux utilisateurs. Une innovation de rupture aussi importante pour beaucoup d’experts, que la naissance d’internet. 

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