Accrochez-vous, Facebook et Instagram sont sur le point de vous dire combien de temps vous passez sur leurs plateformes

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ADDICTION - Cramponnez-vous à votre siège : Facebook et Instagram sont sur le point de vous dire combien de temps vous passez (ou gaspillez ?) sur leurs plateformes. L'entreprise de Mark Zuckerberg a en effet annoncé ce mercredi le déploiement de nouvelles fonctionnalités pour aider ses utilisateurs à limiter le temps passé sur son réseau.

Pendant toutes ses années d'expansion, Facebook s’est concentré sur une chose : amener les gens à passer davantage de temps sur le réseau social. Un peu plus de dix ans après son lancement, alors que les géants du numérique sont chaque jour plus critiqués - y compris par leurs propres cadres - sur la nature addictive de leurs services et plateformes, le site de Mark Zuckerberg vient de présenter le déploiement de nouvelles fonctionnalités pour réaliser exactement l'inverse. 


Objectif, aussi bien sur Facebook et Instagram, l'application de partage de photos qui lui appartient : "Mieux gérer le temps passé sur les deux plateformes" afin qu'il soit "intentionnel, inspirant et positif". Les utilisateurs pourront également choisir de limiter les notifications pendant une certaine plage horaire. Ou encore, activer une option pour recevoir une alerte sur leur téléphone lorsqu’ils dépassent la durée maximale d’utilisation au cours d'une même journée. Limite fixée par l'utilisateur en amont.

Ces nouvelles fonctionnalités sont également pensées pour encourager la conversation entre parents et adolescents autour des habitudes de consommationFacebook, dans son communiqué.

"Ces nouveaux outils sont le fruit de recherches approfondies menées en collaboration avec des experts externes et nourries des retours de la communauté", écrit Facebook dans un communiqué. Outre le fait que le temps passé "soit intentionnel, inspirant et positif", Mark Zuckerberg affirme que "ces nouvelles fonctionnalités sont également pensées pour encourager la conversation entre parents et adolescents autour des habitudes de consommation et définir la meilleure formule pour chacun."

Comment utiliser ces nouvelles fonctionnalités ?

Les trois nouveaux outils sont disponibles dans le menu des paramètres de chacune des deux plateformes. Sur Instagram, il suffit de se rendre dans "Votre activité" et sur Facebook dans "Votre temps passé sur Facebook". 

• Le tableau de bord : il apparaît désormais dans les paramètres, indiquant le temps moyen passé sur cette plateforme depuis cet appareil. Il suffit de cliquer sur le graphique pour connaître le temps passé chaque jour sur le réseau social.


• Le rappel quotidien : en dessous du tableau de bord, il est désormais possible de programmer un rappel quotidien pour alerter l’utilisateur lorsqu’il atteint le temps maximum qu’il souhaite passer sur l’application au cours d’une même journée. Le rappel peut être modifié ou annulé à tout moment. 


• Les notifications : en se rendant dans "Paramètres des notifications", l’utilisateur peut rapidement accéder au nouveau paramètre "Désactiver les notifications push".

Les réseaux sociaux, une "drogue" qui fait débat

Depuis quelques mois, les effets néfastes des technologies numériques sont pointés du doigt par les professionnels de santé, mais aussi par ceux du secteur. On ne compte plus les charges virulentes d’anciens cadres de la Silicon Valley. "Je crois que nous avons créé des outils qui ­déchirent le tissu social", avait ainsi lâché Chamath Palihapitiya (ex-vice-président de Facebook chargé de la ­croissance de l’audience) en novembre 2017. Mettant en cause, comme d’autres, la sur-stimulation des circuits neuronaux fonctionnant à la dopamine - le neurotransmetteur impliqué dans les addictions - par les "like" et autres notifications des réseaux sociaux, Chamath Palihapitiya a interdit à ses enfants d’utiliser "cette merde" (sic).


En moyenne, les 18-24 ans consultent leur smartphone 82 fois par jour. Plus que nos faiblesses, ces addictions comportementales sont le fait de manipulations : celles des ingénieurs, designers et autres développeurs de la Silicon Valley. Ils conçoivent des services pour que nous y passions le plus de temps possible. Le but : capter nos données personnelles et accaparer notre attention, nourrie de ce qu'on appelle le "design de l'attention". Cette discipline a ses gourous et elle est même enseignée, comme au "Persuasive Tech Lab" de la prestigieuse université de Standford.

Google et Apple se mettent au diapason

Sentant le vent tourner, les géants du secteur plaident désormais pour une éthique du numérique, dès la conception des applications. En mai dernier, le PDG de Google, Sundar Pichai, a ainsi annoncé l’intégration d'un tableau de bord visant à réduire l'addiction aux smartphones dans le prochain système d’exploitation Android P. Le mois suivant, Apple a annoncé la même fonctionnalité. En janvier dernier, deux actionnaires avaient fait pression sur l'entreprise de Cupertino pour qu'elle prenne en compte l'impact négatif des smartphones sur la santé mentale.

Résultat : iOS 12, le prochain système d’exploitation mobile d’Apple, intégrera des options permettant de "limiter les distractions, de mieux se concentrer et de comprendre comment vous passer votre temps sur votre téléphone", a annoncé Craig Federighi, vice-président de l'ingénierie logicielle chez Apple. "Certaines applications sollicitent beaucoup notre attention, elles nous incitent à utiliser notre téléphone quand nous devrions être en train de faire quelque chose d'autre", a-t-il déclaré, une pique à peine masquée à Facebook et sa suite de services. Dès le mois de septembre, Apple permettra également de fixer une limite d'utilisation pour chaque application - au-delà de la durée indiquée, il ne sera plus possible d'accéder au service.

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