Alain Juppé, Bercy, Envoyé Spécial victimes d'une cyberattaque sur Twitter : que s'est-il passé et comment s'en prémunir ?

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HACKING – De (très) nombreux comptes Twitter ont été ciblés par une opération de piratage ce mercredi sur le réseau social américain. Un message en langue turque, hostile à l’Allemagne et aux Pays-Bas tout en évoquant le référendum du 16 avril prochain, se retrouve sur chacun des profils visés. Dans la matinée, l'application Twitter Counter, qui semble avoir servi de porte d'entrée au(x) pirate(s), a confirmé l'attaque et a annoncé l'ouverture d'une enquête.

Les hackers frappent, sans distinctions manifestes. Depuis ce mercredi matin, de nombreux comptes Twitter connus sont les cibles d’un vaste piratage informatique partout dans le monde. 


Parmi les profils visés, dont certains ont semble-t-il déjà solutionné le problème, peuvent être cités pêle-mêle : Alain Juppé, le ministère de Bercy, le magazine américain Forbes, l'émission Envoyé Spécial, Allociné, mais aussi le Parlement européen ou le Département britannique de la Santé, l'ONG Amnesty International, l'Unicef ou encore le footballeur espagnol du Bayern Munich, Javi Martinez. Les anonymes ne sont pas en reste puisqu’ils sont eux aussi largement visés par l’attaque. Des victimes multiples, donc. 


Seules constantes, les images et messages affichés : le symbole de l’empire Ottoman, un drapeau de la Turquie, une vidéo de quatre minutes montrant le président turc Recep Tayyip Erdogan ainsi qu’un texte en langue turque, accompagné d'une croix gammée, sont notamment visibles. 

"On se reverra le 16 avril"

Selon un utilisateur du réseau social ayant fait la traduction, les tweets en question diraient : "Allemagne nazie, Pays-Bas nazis. Une petite gifle ottomane pour vous. On se reverra le 16 avril (date du référendum sur la réforme constitutionnelle en Turquie, ndlr). Apprend le turc pour comprendre."

Ce piratage intervient dans un contexte de vives tensions entre la Turquie et plusieurs pays européens, au premier rang desquels l’Allemagne et les Pays-Bas. Il pourrait être l'oeuvre, comme le rapporte Le Parisien, d'un utilisateur nommé "sebomubu", qui est à l'origine de la vidéo Youtube postée sur l'ensemble des profils attaqués et dont le compte Twitter a été suspendu depuis.  

L'application Twitter Counter confirme un piratage

Pointée par plusieurs utilisateurs depuis le début de l'attaque, l'application Twitter Counter (ou The Counter), qui permet des relevés statistiques sur le réseau social, semble être le point d’entrée utilisé par les hackers pour leur piratage. Une information que l'application a d'ailleurs confirmée dans la matinée, en indiquant avoir ouvert une enquête pour déterminer l'origine du problème. "Nous avons déjà pris des mesures pour contenir de tels abus", indique la société, basée à Amsterdam. 


Un peu plus tard, c'est Twitter qui a directement confirmé le piratage dû à une application tierce. "Nous sommes conscients de problèmes ce matin touchant de nombreux comptes (...) Nous avons localisé la source rapidement qui est limitée à une  application tierce", a souligné un porte-parole. "Nous avons supprimé ses autorisations immédiatement", a-t-il ajouté,  précisant qu'"aucun autre compte n'a été touché".

Comme l'explique le Blog du modérateur, Twitter Counter a l’autorisation d’écrire et de publier avec les comptes sur lesquels elle a été installée. Il conseille à tous les utilisateurs visés par le piratage de supprimer immédiatement l'application. Pour ce faire, il suffit de se rendre dans l'onglet "Application" des paramètres de votre compte et de révoquer l'accès à Twitter Counter. Tout devrait alors normalement rentrer dans l'ordre. 

En vidéo

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