Après les fake news, Facebook peine à endiguer les fake pubs

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ARNAQUES EN STOCK - Des publicités qui vous vendent des produits qui n'existent pas et qui ne vous seront jamais livrés, des sites qui proposent un gadget en usurpant l'identité de ses créateurs : difficile de se fier à coup sûr aux pubs sur le réseau social. Et si Facebook lutte contre l'hydre des annonces véreuses, le système a de sérieux trous à la raquette, comme nous avons pu le constater.

Au premier coup d'oeil, la vidéo accroche le regard. Une trottinette électrique à larges roues, stable et rapide, rien à voir avec celles que l'on trouve sur les trottoirs parisiens. D'un clic, on arrive sur le site de vente en ligne. Et la trottinette en question est une affaire, à moins de 300 dollars. Une affaire trop belle pour être vraie. Et pour cause, tout est faux. Dans la vidéo, on voit clairement un logo 'Stator' sur l'engin. De quoi retrouver d'une recherche Google le site de son inventeur. Et ce dernier explique noir sur blanc que la machine n'est pas prête. 


Pourtant, sur Facebook, la vidéo du vendeur frise les dix millions de vues et plus de 25.000 partages. Il existe même plusieurs versions de la même publicité, menant vers d'autres sites. Combien de commandes au total pour ce qui ressemble beaucoup à une pure escroquerie ? Mystère. 

Trois fausses publicités, et des millions de vues, pour une trottinette électrique qui n'existe pas encore

Le site de Mark Zuckerberg sait depuis longtemps qu'il a un problème, qui rejaillit tant sur la confiance de l'internaute envers la publicité sur Facebook en général que sur l'image de marque des grands annonceurs, qui, eux, respectent les règles. Quand on sert plus de deux milliards d'abonnés et des dizaines de millions d'annonceurs petits et grands, quand les publicités sont publiées par un système d'enchères automatisées et que chaque annonceur peut passer des centaines de pubs, dans plusieurs langues, chacune pour une cible précise, difficile évidemment d'assurer une vérification de chaque message, de chaque lien. 


Pourtant, la société dit faire des efforts, beaucoup d'efforts. Les règles de modération de la publicité sur le réseau social sont claires : avant d'apparaître sur Facebook ou Instagram (ndlr : qui appartient aussi à la firme de Palo Alto), ces publicités "sont examinées pour vérifier qu'elles respectent les règles publicitaires de la plateforme (...) Facebook est capable de vérifier le contenu des publicités et débusquer les annonces frauduleuses", nous rappelle simplement le réseau social. Un filtre assez tolérant donc pour laisser passer des pubs qui ne résistent pourtant pas à un examen rapide. 

"Nous avons examiné la publicité que vous nous avez signalée..."

Mais l'autre atout de Facebook, c'est sa communauté, ses milliards d'utilisateurs, qui peuvent à tout moment signaler une pub suspecte, une seconde chance pour détecter les fraudes, les contrefaçons et les faux sites de vente en ligne. En juin dernier, l'entreprise a notamment mis en place un nouvel outil. Ce dernier permet de donner son appréciation sur un service ou un site de commerce en ligne après un achat initié à partir d'une publicité sur le réseau social. Surtout, Facebook a promis qu'il serait réactif en cas de signalements massifs d'un annonceur, en limitant le nombre de publicités que celui-ci pourra publier, voire en fermant son compte annonceur en cas de manquements répétés.


C'est donc en confiance que nous avons cliqué en haut à droite de notre fausse pub, "Signaler la publicité", puis "le contenu est trompeur ou il s'agit d'une escroquerie". Et de fait, Facebook nous a répondus moins de 24h plus tard, belle réactivité, même si nous sommes restés perplexes devant le contenu de la réponse. 

En résumé, Facebook a bien pris note de notre peu de goût pour ce genre de publicité et explique qu'il ne nous en montrera plus, promis. En revanche, sur le fond, malgré notre signalement -qui n'était probablement pas le seul-, le réseau social ne trouve rien à redire à la publicité en question en elle-même. Une décision que l'on peut commenter, mais sans vraie procédure d'appel.


À notre visite suivante, comme par un fait exprès, une pub s'affiche en milieu de page. Une autre trottinette, vendue par un autre site, tout  aussi faux que les précédents. Grosse fatigue.

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