Arnaud Rousseau : "Il ne faut pas refuser la technologie dans l'agriculture"

Arnaud Rousseau : "Il ne faut pas refuser la technologie dans l'agriculture"

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INTERVIEW – Agriculteur en Seine-et-Marne, Arnaud Rousseau utilise les nouvelles technologies pour exploiter ses plantations de blé, maïs, colza et betteraves. Il explique à metronews comment elles ont changé son métier.

Quelles technologies employez-vous sur votre exploitation ?
Il existe deux types de systèmes. Le premier concerne l'électronique embarquée comme les GPS de guidage au sein des tracteurs. La seconde se fait de manière plus bureautique grâce à l'analyse des photos et des cartes satellites des champs.

Comment les deux systèmes cohabitent ?
Les photos satellites nous permettent d'identifier à quels endroits la plantation pousse différemment. Un code couleur nous indique ainsi la densité des plants par zone. On entre alors ces données dans le GPS du tracteur qui le guide automatiquement dans le champ. Il gère alors l'épandage des engrais ou des traitements en les dosant au plus près du besoin des cultures. Ça ne servirait, par exemple, à rien de traiter une parcelle, si les plantes qui y poussent ne peuvent plus rien absorber.

Est-ce que ces technologies sont onéreuses ?
Elles se démocratisent de plus en plus. Il y a quatre ou cinq ans, ces systèmes GPS pour tracteur valaient 20 000 euros, on est désormais plus proche des 10 000 à 15 000 euros. C'est un investissement, mais on arrive à l'amortir en moins de cinq ans.

Quelles sont les futures évolutions technologiques du monde agricole ?
Les drones sont prometteurs face à la cartographie satellite plutôt lourde à gérer, ils permettront certainement plus de précision pour un coût réduit. On peut également imaginer des tracteurs sans chauffeur. Actuellement, il faut encore le manœuvrer lorsqu'on arrive en bout de champ, dans le futur, ils pourraient réaliser cela de manière autonome. Ces solutions génèreront plus de confort pour l'agriculteur et lui feront aussi gagner du temps.

Pourriez-vous travailler aujourd'hui sans ces technologies ?
Les anciens savaient semer du blé sans GPS, il ne faut pas refuser la technologie mais l'utiliser sans en être esclave. Elles nous aident surtout dans un contexte économique désormais très compétitif à être plus efficace et à optimiser les rendements. Le monde devient de plus en plus technologique, il n'y a aucune raison que l'agriculture ne suive pas cette tendance. Et puis, il subsiste un facteur qui nous remet les pieds sur terre : la météo. On reste dépendant des intempéries et sur ce point la technologie ne peut rien y faire.

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