Bientôt la fin des écrans brisés ? Ce verre s'auto-répare... en 30 secondes

Bientôt la fin des écrans brisés ? Ce verre s'auto-répare... en 30 secondes

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SCIENCE - Des chercheurs de l'université de Tokyo ont découvert par accident un nouveau matériau révolutionnaire capable de s'auto-réparer.

C’est bien connu, la tartine beurrée tombe toujours du mauvais côté. Ce grand principe, théorisé par la  fameuse "loi de Murphy", que l’on connaît davantage sous le nom de "loi de l’emmerdement maximum", s’applique à tout un tas de chose, et en premier lieu à nos téléphones mobiles. L’écran cassé est aujourd’hui le premier motif de réparation. Une fois la période de deux ans sous garantie passée, le remplacement de l’écran est à vos frais : de 50 euros pour un vieux modèle à plus de 200 euros pour un modèle récent.


Des travaux menés par des ingénieurs japonais de l’université de Tokyo, publiés mi-décembre dans la revue Science, pourraient néanmoins pallier ce problème. Ces scientifiques affirment en effet avoir mis au point un verre auto-réparant. La substance créée, nommée "Polyether thiourea", a été conçue à partir d’un polymère de faible poids moléculaire. Il possède la dureté du verre mais aussi (et surtout) peut se régénérer. Ainsi, deux morceaux de verre cassés peuvent être de nouveau soudés, via une simple pression du doigt, en lui redonnant au passage sa robustesse d’origine. 

J'espère que le verre auto-réparant deviendra un nouveau matériau respectueux de l'environnement en permettant d'éviter de jeter des produits dès qu'il se brisentLe Professeir Takuzo Aida, chercheur à l'Université de Tokyo, au Japon.

Pour le professeur Takuzo Aida et son équipe, ce matériau très prometteur pourrait être employé pour concevoir les écrans des smartphones de demain. Mais également pour tout un tas de produits fragiles utilisant le verre, des pare-brise des véhicules aux flutes à champagne, par exemple.


Les propriétés de la substance développée par le Pr Takuzo Aida et son équipe ont été découvertes par hasard par un étudiant qui travaillait sur un matériau agrippant. Yu Yanagisawa, c’est son nom, a découvert que lorsque la surface du polymère était coupée, les bords adhéraient l'un à l'autre et se cicatrisaient pour former une feuille en réalisant une pression de 30 secondes à 21°C. Yanagisawa a déclaré au média japonais NHK qu'il n'a pas tout de suite cru les résultats et qu’il a dû répéter ses expériences à plusieurs reprises pour confirmer cette découverte. "J'espère que le verre auto-réparant deviendra un nouveau matériau respectueux de l'environnement permettant d'éviter de jeter des produits dès qu'il se brisent", a-t-il indiqué.

50% des utilisateurs de moins de 35 ans utilisent leur smartphone avec un écran brisé

Des plastiques auto-cicatrisants ont déjà été mis au point par le passé. Des chercheurs de l'Université de Californie ont proposé l'utilisation d'un polymère qui pourrait s'étirer - jusqu'à 50 fois sa taille d'origine- et s’auto-réparer dans les 24 heures. Mais contrairement à eux, ce nouveau matériau est robuste et se régénère à température ambiante. "La robustesse mécanique et la capacité de guérison ont tendance à s'exclure mutuellement", écrivent les chercheurs, qui précisent que si certains matériaux durs mais guérissables ont été développés "dans la plupart des cas, celui-ci doit être chauffé à des températures élevées, de l'ordre de 120°C".  


Le constructeur sud-coréen LG a déjà utilisé des matériaux auto-réparants dans ses appareils. Le modèle G Flex 2 lancé en 2015 était doté d’un revêtement capable de réparer les micros fissures. Mais il se révélait inefficace quand les dommages étaient plus importants au fil du temps. Selon une étude réalisée aux Etats Unis par la société InvisibleShield, leader mondial des protections d’écran, la moitié des jeunes de moins de 35 ans cassent leur smartphone en moins de 12 mois et l’utilisent avec un écran brisé.

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