Bitcoin : de quoi parle-t-on au juste ?

Bitcoin : de quoi parle-t-on au juste ?

High-tech
INTERNET - Le bitcoin est une monnaie virtuelle, utilisée principalement par les mordus de l'Internet. Soupçonnée d'être utilisée par les terroristes de Daech, elle est aujourd'hui dans le collimateur des autorités européennes. Metronews vous explique tout sur cette monnaie devenue emblématique sur le Net.

Plus de six ans après sa création, le bitcoin divise encore et toujours. Il y a d'un côté ceux qui voient dans cette monnaie d'avenir une véritable révolution monétaire, et de l'autre ceux qui s'en méfient ouvertement. C'est le cas de la Banque de France qui publiait l'an dernier une note mettant en garde contre son caractère "hautement spéculatif" et son "risque financier incertain" pour les personnes qui la détiennent.

Suspectées d'être utilisées par les terroristes, la question des monnaies virtuelles, et notamment celle du bitcoin, aurait été évoquée le 18 novembre à l'occasion de la rencontre des ministres européens des Finances lors du sommet du G7. Beaucoup soupçonnent en effet Daech d'utiliser ces transactions électroniques échappant souvent aux radars pour gérer ses fonds. Un encadrement renforcé a donc été proposé.

► C'est quoi, un bitcoin ?
Lancée en 2009 par Satoshi Nakamoto (un pseudonyme qui pourrait être celui d'un ou plusieurs développeurs), le bitcoin est un système monétaire autonome, qui n'a pas besoin de banques pour traiter les transactions ni d'une banque centrale pour créer de nouveaux bitcoin. Tous les mois, des millions de transactions sont effectuées en ligne par des internautes du monde entier.

► Des hackeurs comme banquiers
Ces opérations sont prises en charge par une communauté d'utilisateurs (appelés les "mineurs") dont les ordinateurs fonctionnent en réseau peer-to-peer. Un type de connexion qui permet à des millions d'internautes affiliés à un réseau de partager leurs fichiers stockés sur le disque dur de leur machine.

À l'heure actuelle, le cours du bitcoin dépasse les 300 dollars (soit 285 euros). Les membres de la communauté valident les transactions et améliorent la sécurité du réseau. En récompense, ils perçoivent les frais de transaction des opérations qu'ils ont confirmées, et 25 nouveaux bitcoin par bloc en échange du service rendu. A partir d'août 2016, cette rémunération sera divisée par deux.

► Des "bourses" pour les convertir
Des plateformes en ligne proposent aux possesseurs de bitcoin de leur échanger contre des euros ou des dollars. Mais il faut être prudent avant de se lancer car cette monnaie est aussi extrêmement spéculative : en janvier 2013, un bitcoin valait 13 dollars, avant d'atteindre en novembre de la même année 1124 dollars, puis de retomber en dessous de 300 dollars. La quantité de monnaie créée a été volontairement limitée par ses créateurs à 21 millions de bitcoins jusqu'en 2140.

EN SAVOIR + >> La plateforme d'échange de Bitcoins MtGox

► Des transactions difficilement traçables
Le bitcoin permet d'effectuer des transactions de personne à personne dans le monde entier, sans aucun intermédiaire. Ce qui implique des frais de transactions bien moins importants que ceux de Visa, Mastercard ou Paypal. En octobre dernier, la Cour de justice de l’Union européenne a décidé que les ventes de cette monnaie ne seraient pas soumises à la TVA.

"Toutes les transactions sont publiques notamment via le site blockchain.info , relève Quentin de Beauchesne, fondateur du site Cryptofr.com , qui rassemble une communauté d'utilisateurs. En revanche, les utilisateurs n'ont pas besoin de s'identifier. L'adresse utilisée pour effectuer la transaction est comme un pseudo sur internet."

► Pourquoi les autorités veulent l'encadrer
Aujourd'hui, il est aussi possible de payer en bitcoin dans quelques magasins ou cafés de la vie réelle. A Paris, un vingtaine de commerçants acceptent cette monnaie électronique. Autre intérêt : les transactions sont totalement anonymes. Ils permettent d'acheter toutes sortes de choses telles que des logiciels, des produits réels et même de la drogue ou des armes sur le Dark Net. Cet internet caché, plus connu sous le nom de "deep web", qu'affectionneraient particulièrement les malfaiteurs.

EN SAVOIR + >> Le bitcoin s'offre une vitrine à Paris
 

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