Blue Whale : le jeu sur les réseaux sociaux qui pousserait les adolescents au suicide

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VIGILANCE - Un jeu circulant sur les réseaux sociaux en Russie pourrait pousser les adolescents à se donner la mort. Deux jeunes filles, qui participaient à un défi morbide intitulé Blue Whale se sont en tout cas suicidées.

Le jeu n'a d'autre issue que la mort pour qui le suit jusqu'au bout. Deux jeunes filles russes de 15 et 16 ans ont mis fin à leurs jours alors qu'elles participaient à une série de défis lancée sur les réseaux sociaux sous le nom de Blue whale (comprenez Baleine bleue, un cétacé qui s'échouerait volontairement sur les plages pour mourir, selon la croyance populaire), a rapporté ce lundi le site russe The Siberian Times.

Le principe du jeu est absolument morbide puisqu'il consiste à inciter les participants à relever des défis qui se corsent chaque jour pour finalement les conduire à la mort le 50ème jour. Ainsi, au début, il est simplement demandé par exemple de se lever la nuit pour écouter de la musique triste, puis de se scarifier et enfin de sauter par la fenêtre ou de passer sous un train.

130 suicides en six mois

Les deux filles retrouvées mortes s'étaient pour leur part jetées du haut d'un immeuble. Quelques jours plus tôt, une adolescente encore plus jeune, 13 ans, s'était gravement blessée en chutant du cinquième étage. Face à ces gestes morbides, la police a ouvert une enquête pour incitation au suicide sans pour autant les attribuer formellement au jeu qui circule sur les réseaux sociaux.

Même si aucun lien entre ces suicides et le jeu n'est avéré à ce stade, ces agissements font écho à un article du journal russe Novaïa Gazeta qui comptabilisait au printemps dernier 130 suicides de jeunes en six mois, qui auraient tous été influencés par des "groupes de la mort actifs sur le réseau social Vkontakte, un site similaire à Facebook très populaire en Russie, en Biélorussie ou en Ukraine notamment.

Un outil anti-suicide sur Facebook

Ces incitations au suicide sont-elles aussi présentes sur les réseaux sociaux en France ? Le risque est à considérer. "Les invitations au suicide via les réseaux sociaux existent ici. Cela peut être des inconnus qui harcèlent, des amis d’amis Facebook par exemple. Si le harcèlement en soi n’est pas nouveau, le fait de pousser l’autre au suicide est assez récent. Il y a actuellement une mode morbide", assure le pédopsychiatre Stéphane Clerget, cité par nos confrères de Ouest-France.  

Dans le souci de prévenir ces drames, Facebook a développé un outil anti-suicide, disponible en français depuis cet été. Le site de Mark Zuckerberg permet à ses utilisateurs de signaler directement depuis un post préoccupant que son auteur semble en danger. L'utilisateur inquiet se verra proposer différentes options telles que contacter un ami commun pour l'alerter, joindre un service d'assistance, obtenir des conseils d’experts ou lui faire parvenir un message de soutien accompagné d'un coeur bleu.

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