"Downvote": ce qu'il faut savoir sur le nouveau bouton de Facebook pour signaler les messages offensants

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MODÉRATION - Le site de Mark Zuckerberg veut faciliter le signalement, par les internautes, des commentaires malveillants. Mais ce dernier assure qu’il ne s’agit pas d’un bouton "je n’aime pas".

Blâmé depuis longtemps pour son manque de réactivité et son laxisme en matière de modération, le site de Mark Zuckerberg teste depuis quelques jours un nouveau système censé permettre de remédier à ce problème. Le réseau social a en effet confirmé au site spécialisé The Verge, jeudi 8 févier, avoir initié l’expérimentation d’un bouton "Downvote" pour signaler plus facilement les commentaires inappropriés et offensants. 

La nouvelle fonctionnalité est disponible, pour l’instant, chez une poignée d’utilisateurs, "5% des Américains utilisant l’application Android", a indiqué le groupe américain au site Techcrunch.

Comment fonctionne ce nouveau bouton ?

Le nouveau bouton "Downvote" n’apparaît, en tout cas pour le moment, que sur les pages publiques, il n’est donc pas présent sur celles des groupes, des célébrités publiques et des utilisateurs du réseau social. Facebook dispose déjà d’une option permettant de masquer une publication ou commentaire, mais celui-ci n’est pas immédiatement accessible. 

Pour y accéder, l’utilisateur doit ouvrir un menu déroulant en cliquant en haut à droite du message qu’il souhaite éclipser.

"Nous ne testons pas un bouton ‘je n’aime pas’"

Interrogé par The Verge, Chris Cox, le chef des produits de Facebook, a tenu à démentir les rumeurs évoquant autour de ce nouveau bouton : "Nous ne testons pas un bouton 'Je n’aime pas'. Nous étudions une fonction permettant aux utilisateurs de nous faire un retour." Dit autrement : cela pourrait aussi permettre à la plate-forme de collecter des données pour mieux comprendre les intérêts de ses utilisateurs.

La question d’un bouton "Je n’aime pas" revient régulièrement sur le tapis, notamment pour permettre aux internautes d’exprimer une autre émotion que "J’aime" sous certains contenus. Le site de Mark Zuckerberg avait consenti au début de 2016 à un premier pas en lançant ses fameux boutons "Réactions", qui permettent aux utilisateurs d’exprimer son enthousiasme ("J’adore"), de l'amusement ("Haha"), de l'admiration ou de la surprise ("Wouah"), sa tristesse ("Triste") ou bien encore sa colère ("Grrr").


Facebook, qui tient à rester un espace d’échanges "positifs" où le rejet n’aurait pas sa place, rechigne à faciliter l’expression de sentiments négatifs. Comme on dit sur les réseaux sociaux : "Haters gonna hate" (les haineux continueront de détester). En 2014, Bret Taylor, le créateur du bouton "J’aime" avait expliqué, dans un entretien au site Techradar, que "la négativité de ce bouton aurait de multiples conséquences malheureuses". Si on n'aime pas quelque chose, avançait-il alors, il est préférable d'écrire un commentaire et d'expliquer pourquoi.

Pas d'incidence sur la visibilité du message

Comme l’indique le site TechCrunch, le bouton "Downvote" pourrait, à première vue, sembler se rapprocher de celui du forum américain Reddit. Sauf qu’à la différence de celui-ci, le système mis en place par Facebook n’affecte pas la classification des commentaires, des pages ou des posts. D’ailleurs, le nombre de "Downvotes" n’est pas visible par les utilisateurs, contrairement à ce qui se passe sur Reddit.

Le monde semble anxiogène et divisé, et Facebook a beaucoup de travail à faire – qu’il s’agisse de protéger notre communauté contre la cruauté et la haineMark Zuckerberg, le patron de Facebook

Ce test s’inscrit dans la volonté du groupe américain de lutter contre le harcèlement en ligne et les fausses informations, que Mark Zuckerberg entend mener avec force. "Le monde semble anxiogène et divisé, et Facebook a beaucoup de travail à faire – qu’il s’agisse de protéger notre communauté contre la cruauté et la haine, de la défendre contre les interférences des Etats, ou de s’assurer que le temps passé sur Facebook est du temps bien dépensé. Mon défi personnel de 2018 est de me consacrer à régler ces problèmes", avait-il déclaré début janvier, lors de ses vœux à la presse.

Le premier réseau social au monde, qui a dépassé en 2017 la barre symbolique des 2 milliards d’utilisateurs actifs, concentre les critiques depuis plusieurs mois : problèmes de modération, déluge de fausses informations, manipulations par des puissances étrangères en période d’élection, inquiétudes pour la vie privée et pour le lien social. L’année écoulée s’est d’ailleurs terminée par les aveux d’anciens cadres de Facebook, qui ont fait publiquement part de leurs inquiétudes face à ce qu’était devenu le réseau social depuis son lancement. Au point d’exprimer parfois leurs remords d’avoir contribué à son succès.

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