CES 2018 : Autonom Cab, le robot-taxi de Navya qui veut révolutionner vos déplacements

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DÉCOUVERTE – A l'occasion du salon CES de Las Vegas, la startup lyonnaise Navya a permis aux visiteurs de découvrir l'Autonom Cab, son robot-taxi sans volant ni pédales. Nous avons pris place à bord pour un petit tour… sans chauffeur.

Autonom Cab : un nom bien anglo-saxon pour une invention tout ce qu'il y a de plus français. Car derrière ce véhicule qui fait sensation depuis le début du CES de Las Vegas se cache une startup lyonnaise, Navya. 


Cette jeune entreprise, créée en 2014, conçoit, réalise et fabrique des véhicules autonomes destinés au transport groupé. "J'ai un passé de serial entrepreneur, lâche Christophe Sapet, le PDG de Navya, cofondateur aussi par le passé des sociétés Infogrames et Infonie. La conjonction de mon amour pour le véhicule à l'ancienne et ma passion pour les technologies du futur a permis de faire ces véhicules autonomes." Il en résulte une entreprise qui compte désormais 200 employés, des sites à Lyon, Paris et Salines, près de Detroit, la cité américaine de l'automobile.

L'an dernier, Navya avait déjà fait parler d'elle en présentant sa navette sans chauffeur, Autonom Shuttle, capable de transporter 15 personnes et qui est déjà en test pour les entreprises de La Défense. Cette année, la société a misé sur la mobilité sans volant, sans pédales et sans conducteur, avec un robot-taxi un peu plus petit et capable de transporter jusqu'à six personnes. Dévoilé en novembre dernier, le véhicule arpentait pour la toute première fois les rues nord-américaines en circulant dans Las Vegas.

Un bijou de technologies, le confort en prime

A l'heure de la ville intelligente, fluide et responsable, le transport autonome, électrique qui plus est, semble devenu un sujet de société. A Las Vegas, on ne s'y trompe pas et les initiatives sont nombreuses, de Lyft, le rival d'Uber qui s'est associé au constructeur Delphi pour faire circuler des taxis autonomes, à Transdev, le spécialiste français du transport et son bus autonome.


Nous avons pu faire l'essai et nous projeter dans le futur du transport urbain autonome en montant à bord du robot-taxi de Navya. Pour utiliser Autonom Cab, les réflexes sont connus. Il faut dégainer son smartphone et commander le véhicule comme avec l'appli Uber. Le véhicule a votre position géolocalisée et vient à votre rencontre. Sauf qu'il n'y a pas de chauffeur au volant. Il n'y a d'ailleurs pas de volant ! La porte s'ouvre et l'on peut monter à bord. Par l'intermédiaire de l'appli, on referme alors la porte et le voyage peut commencer.

En vidéo

Notre interview de Christophe Sapet, le PDG de Navya

L'Autonom Cab se présente comme un très large véhicule au format SUV bardé de capteurs Lidar (x10), de caméras (x6) et de radars (x4). Il dispose également de deux antennes GPS et d'une centrale inertielle pour localiser au centimètre près le véhicule. Navya a créé son propre outil de cartographie pour son véhicule afin qu'il se repère plus facilement dans la ville. Car l'Autonom Cab, à la différence potentielle du Shuttle, n'a pas vocation à prendre l'autoroute.


A l'intérieur, un seul habitacle de deux rangées de trois fauteuils se faisant face. Sur le côté, deux écrans servent à donner les indications sur le trajet demandé (durée, direction, infos trafic…). Le second écran tactile situé en dessous est davantage tourné vers le loisir et les divertissements. Vous pourrez tout aussi bien profité d'infos sur votre trajet, des lieux touristiques croisés, lancer votre musique depuis votre smartphone ou bien réserver des billets de cinéma, de musée, etc. Des offres que des partenaires potentiels pourront enrichir et proposer et pour lesquels Ingenico Group a mis au point un service de paiement.

"Fluidifier la ville avec du transport intelligent"

Tout cela rend le voyage des plus plaisants et permettra de détourner l'attention (ou le stress) des plus inquiets quant à ce véhicule dépourvu de chauffeur. A votre arrivée, le véhicule se gare, vous laisse descendre. Et vous pouvez même déjà le réserver pour le retour. La tarification sera fixée par chaque opérateur du Cab (services de transport, municipalités, entreprises privées…). "Notre volonté est de fluidifier la ville avec du transport intelligent", explique le patron de Navya. Pour cela, le véhicule connecté s'appuie aussi sur des capteurs fixés aux poteaux de signalisation qui lui permettent de gérer le trafic sans stress, amorcer ses virages sereinement.


Le court trajet effectué à bord de l'Autonom Cab a été plutôt encourageant. Le robot-taxi n'en est qu'à ses balbutiements sur route et il assouplira sans conteste sa conduite. Dans les rues du Las Vegas Innovation District, sur un parcours balisé par des plots, le Cab a dû faire face à un taxi (véritable) arrivé à contresens, un véhicule débordant un peu trop dans notre ligne. Et il a parfaitement géré les situations pour éviter l'incident. Certes, il n'a pas dépassé les 20 km/h, alors qu'il roulera en moyenne plutôt autour des 50 km/h (pointes possibles à 90 km/h). Le Cab bénéficie également de quelques innovations automobiles bien venues : des pneus Michelin avec des jantes spécialement conçues pour les véhicules autonomes (anti-nid de poule notamment) et d'un système de freinage spécifique.

"On est les premiers à assurer de livrer le véhicule dans les mois qui viennent", se félicite Christophe Sapet. Bénéficiant d'une homologation temporaire pour des phases pilotes, l'Autonom Cab, fruit d'une collaboration avec le franco-québécois Keolis, va poursuivre ses essais en France (Paris ou Lyon), aux Etats-Unis et sans doute en Australie. D'autres expérimentations pourraient avoir aussi lieu en Asie. Pour le moment, ce taxi électrique est annoncé avec une autonomie de 11 heures en circulation et nécessitera une recharge de 4 heures. Il devrait entrer dans une phase d'expérimentation massive d'ici à la fin 2018. Mais n'espérez sans doute pas vous l'offrir comme prochain véhicule personnel : l'Autonom Cab devrait tourner autour des 250 000 euros.

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