Salon de l’électronique de Las Vegas : le sex-toy féminin qui fait polémique

Salon de l’électronique de Las Vegas : le sex-toy féminin qui fait polémique
High-tech
DirectLCI
SEXISME ? - La start-up américaine Lora DiCarlo devait recevoir l’un des nombreux prix décernés au CES de Las Vegas pour son sex-toy féminin proposant des orgasmes "mélangés". Elle a finalement été privée de la distinction. Sa patronne dénonce un choix sexiste.

Le milieu de la tech, souvent accaparé par les hommes, est-il sexiste et les femmes y sont-elles discriminées ? Le débat fait rage depuis quelque temps dans le microcosme concerné. Il a été relancé cette semaine au CES, le salon de l'électronique grand public, qui se tient à Las Vegas. A l’origine de cette nouvelle polémique : "Osé", un sex-toy féminin qui promet des orgasmes à la fois vaginal et clitoridien, sans utilisation des mains.


Fin 2018, l’engin, fabriqué par la société américaine Lora DiCarlo, avait été choisi pour recevoir le prix de l’innovation dans la catégorie "Robotique et drone" lors du salon. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu : quelques jours avant l’ouverture de l’événement, l’organisateur, CTA, est revenu sur son choix, arguant notamment du caractère "obscène" de l’appareil.

En vidéo

Pourquoi le sexisme s'immisce-t-il partout ?

Fait par les femmes, pour les femmes... dans un milieu d'hommes ?

Un revirement qui n’a évidemment pas plus à Lora DiCarlo. Elle a notamment souligné que l’année dernière, des robots strip-teaseuses ou encore des poupées sexuelles avaient été mis en avant. Sans se faire taxer d'immoralité. CTA a ensuite avancé qu’"Osé" n’avait rien à faire dans la catégorie "Robotique et drone ". Lora Haddock, la patronne de la start-up, a alors répliqué en soulignant que le sex-toy avait été développé en collaboration avec le service "robotique" de l’Université de l’Oregon et qu’il aurait fallu lui interdire de concourir dans cette catégorie dès le départ. 


Surtout, Lora Haddock affirme que le retrait de ce prix est plus certainement dû à deux raisons : tout d'abord, son innovation, élaborée par des femmes, est à destination des femmes, contrairement aux poupées sexuelles de 2018 faites par des hommes, pour les hommes. "La sexualité des hommes peut être présentée de manière explicite. En revanche, la sexualité des femmes est largement passée sous silence, quand elle n’est pas bannie", fulmine-t-elle. Ensuite, elle met en avant que sa société est majoritairement composée de femmes, dans un milieu où les hommes prédominent et où la misogynie serait de règle, aussi bien dans les entreprises que dans des instances comme CTA.

Même si Lora DiCarlo n'a pas pu exposer son sex-toy au salon, la polémique aura au moins eu un mérite : elle a reçu la visite de nombreuses personnes sur son stand.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter